• 120303 Analyse Confirmation Texte

     La Confirmation 

    Réaction aux synthèses des ateliers de réflexion

    sur la confirmation des 12-18 ans

    (Diocèse de Nantes. 3 mars 2012. TEXTE)


    Introduction.

    C’est un exercice délicat de réagir ainsi au travail des ateliers. Je le fais de bon cœur, conscient des limites de ce que je vais dire, mais en espérant que malgré tout un regard extérieur pourra vous aider. Je ne vais pas tout reprendre ; ce n’est pas le but de cette intervention… Je voudrais rappeler ce que je disais l’an dernier au point 3 de mon introduction : s’il y a du neuf à découvrir, des choses à inventer au service des jeunes pour qu’ils soient plus nombreux à vivre la confirmation ou qu’ils la vivent mieux, ce n’est pas d’abord la théologie qui va nous guider mais bien la charité pastorale, le fait qu’en paroisse, en mouvement, en aumônerie ou dans l’enseignement catholique, c’est le bien des jeunes que nous cherchons, leur croissance à la fois humaine et chrétienne.

    I. Quelques enjeux du travail en cours.

    Je me contenterai dans cette première partie de rappeler trois phrases de Mgr JAMES.

    1. « Plus il y a de confirmés dans un diocèse, plus le diocèse est missionnaire. »

    C’est la dernière parole de Mgr JAMES que j’ai notée, il y a un an… On ne fait donc pas du chiffre pour faire du chiffre, mais les efforts que nous déployons sont au service de la vie chrétienne des jeunes d’aujourd’hui et au service de la mission de l’Eglise. Ce qui se vit en ce moment est donc très important pour l’avenir du diocèse : le temps passé ensemble pour s’arrêter et réfléchir sera fécond pour la vie pastorale.

    On sent dans les synthèses des ateliers une réelle prise en compte de la situation de 2012, qui n’est plus celle de 1992… L’ambiance sociale a changé. De nouveaux moyens de communication sont apparus et globalement l’Eglise catholique en Occident traverse une crise profonde, comme les autres religions traditionnelles. En 20 ans, entre 1989 et 2009, on est passé en Loire-Atlantique de 3054 à 888 confirmations. Ce décrochage n’est pas dû à la façon dont a on préparé la confirmation ni à la qualité des animateurs. C’est un phénomène beaucoup plus large…

    La réussite de notre travail ne se mesurera pas au nombre brut de demandes de confirmation qui ne va pas remonter du jour au lendemain. Mais il faut tout faire pour que la confirmation ne devienne pas le sacrement d’une toute petite minorité… En ce sens j’ai été heureux de l’appel lancé le 25 novembre dernier par Yolaine Brouillet et Cécile Eon pour la confirmation des 17-25 ans à l’occasion de Happy Day. Vous précisiez : « Une démarche simple leur sera proposée : vivre pleinement l’année dans leur groupe habituel (paroissial, d’aumônerie ou de mouvement) et participer au temps fort du 31 mars 2012 à l’abbaye de Melleray avec Mgr James ».

             2. « Les outils ont besoin d’être réécrits en tenant compte du TNOCF. »

    Les synthèses des 5 ateliers dessinent déjà des contours de cette réécriture possible. C’est un processus aussi lourd qu’indispensable. En même temps, nous ne sommes pas seuls : d’autres diocèses se sont déjà lancés dans ce travail et nous pourrons en bénéficier.

    Plus largement, il ne s’agit pas seulement de réécrire des parcours, il s’agit aussi de prendre soin ensemble du corps diocésain et votre présence aujourd’hui dit bien que vous portez ce souci.

             3. « Tenir compte des points saillants, lumineux dans nos parcours. »

    En lisant attentivement les synthèses des 5 ateliers mis en place, j’ai pris un peu la mesure du travail de réflexion qu’il y a derrière. On ne part pas de rien, loin de là. Et pour réussir ensemble à adapter au mieux la proposition de la confirmation, la préparation et le suivi des jeunes, on a besoin de toutes les bonnes volontés.

    Sans doute faut-il aussi que chacun puisse se sentir prêt et encouragé à adapter ses habitudes. Ce n’est jamais facile, mais c’est aussi un signe de communion fraternelle dans la mission.

     

    II.Questions particulières à propos de chacun des ateliers.

             1. L’atelier « Appel ».

    a. Le rôle de la communauté chrétienne dans l’appel.

    Ce n’est pas seulement — et même pas d’abord — à l’équipe de préparation d’appeler. Dans les communautés chrétiennes, qui parle de la confirmation « gratuitement », où et quand ? Comment l’inscrit-on dans la vie chrétienne : témoignages, homélies ?

    Des jeunes en âge de confirmation ont des frères et sœurs aînés qui se préparent au mariage. Comment aborder la confirmation à l’occasion du sacrement de mariage de telle sorte que ces frères et sœurs puissent témoigner de son importance ? 

    b. Comment les jeunes s’appellent-ils et s’entraînent-ils les uns les autres ?

    Vous ne vous êtes pas attardés sur ce point. Je me risquais l’an dernier à dire que les jeunes vivent beaucoup en réseau : on peut penser à  facebook ou twitter, mais aussi aux forums de discussion ; c’est le pèlerinage à Lourdes, le scoutisme ou l’aumônerie, c’est les copains et l’ambiance porteuse ou non du Lycée… Un an après, il me semble qu’il y a toujours là un élément à creuser. Il est bon de s’interroger sur la façon dont on tient compte de la dimension de « réseau » dans la découverte et l’apprentissage de la vie chrétienne chez les jeunes.

    Et la présence sur internet me semble désormais incontournable (Facebook, twitter, sites de ressources…). Mais comment ?… Je ne sais pas du tout ce qu’il faut faire. Et c’est un univers sans doute étranger à un certain nombre de catéchistes.

    c. Un appel à vivre dans un cheminement de vie et de foi des jeunes.

    C’est une bonne orientation de mettre la confirmation en perspective à l’occasion de la première des communions et de la profession de foi

              - dans la préparation et le temps de retraite :

                                        * adopter une pédagogie explicitement baptismale

                                        * faire témoigner de jeunes confirmés

             - dans les courriers adressés aux parents ou à l’occasion d’une réunion avec eux. 

    2. L’atelier « Itinéraires ».

    a. Quelques points d’attention pour soutenir la vie chrétienne des jeunes.

    Vous proposez un tour d’horizon ambitieux de ce que doit donner à vivre un parcours : on peut encore penser à deux ou trois choses…

    C’est une bonne chose d’être ambitieux pour les jeunes et avec eux. Les jeunes ont besoin d’être reconnus et encouragés dans leur générosité. Peut-être faut-il valoriser davantage les engagements que le jeune a déjà ici ou là. Et que ce soit reconnu ou nommé dans l’itinéraire…

    Il est bon aussi d’encourager un engagement caritatif ponctuel ou régulier, seul ou en équipe. Pour certains, rendre service — puis relire ce service — sera plus formateur que de discuter autour d’une table sur un texte…

    Enfin, à un âge où l’affectivité se cherche, les jeunes vivent dans une ambiance très érotisée. Ce sont les blagues au-dessous de la ceinture et le vocabulaire très cru des cours de récréation. Ce sont les vidéos érotiques ou pornographiques qui occupent parfois l’imaginaire des jeunes… On ne peut pas tout faire dans une préparation à la confirmation, mais d’expérience, quand des jeunes rencontrent un jeune couple chrétien, c’est très bon. Même s’ils ne parlent pas de la vie affective et se situent simplement ensemble comme animateurs du parcours.

    Comme l’an dernier, enfin, je continue à croire que la foi des jeunes se heurte de façon parfois violente à la question de la souffrance, de la maladie et de la mort. La question du lien entre la science et la foi est aussi importante. Même si on n’en fait pas un thème pendant la préparation, c’est bien que les animateurs soient au clair sur ce point, en évitant le fidéisme, le rationalisme et le concordisme.                               

    b. A propos du lien

                       entre « Enseignement catholique » et  « communauté chrétienne »…

    Dans un monde où les personnes bougent beaucoup, la question de la communauté chrétienne se pose pour tous les jeunes. Si un jeune prépare sa confirmation dans le cadre d’un établissement catholique d’enseignement, son engagement n’est pas moins ecclésial que s’il se prépare dans le cadre d’une aumônerie. Mais il est évidemment ecclésial autrement.

    En 1996, dans le Préambule du statut de l’Enseignement Catholique, les évêques de France distinguent au sein de la communauté éducative, une communauté chrétienne, qui l’anime de l’intérieur. D’un point de vue pratique et pragmatique, il me semble meilleur de valoriser cet aspect communautaire dans la tête du jeune plutôt que de le dévaloriser. Peut-être faire en sorte, dans l’itinéraire, de tenir compte de la spécificité du lieu ecclésial de sa préparation à la confirmation. Renvoyer davantage à la façon chrétienne de vivre au collège ou au lycée. Pour un collégien ou un lycéen, la vie scolaire a une grande importance, qu’il soit scolarisé dans un établissement public ou un établissement privé catholique, et il ne faut pas forcément toujours chercher ailleurs la façon de vivre en chrétien.

    C’est un projet exigeant, qui, bien entendu, ne dispense pas d’inventer des ponts pour que les jeunes soient aussi en contact avec une communauté paroissiale. Mais il me semble que la communauté première sera, au sein de l’établissement catholique d’enseignement, la petite communauté chrétienne de ceux qui croient en Jésus et pratiquent la foi dans l’établissement. 

    c. En fonction de l’âge et des circonstances,

                       il convient d’être souple sur  la durée de l’itinéraire de préparation.

    C’est bon de donner du temps. Mais attention aux passages « charnière » : la fin de 3ème et l’entrée en 2nde, la fin de Terminale. Ne conviendrait-il pas de faire une relance chaque année en lycée ?

    d. Précisions sur les retraites de confirmation en abbaye, à Tressaint ou ailleurs.

     C’est un peu lourd d’organiser un week-end, avec une nuit à l’extérieur, mais pour les jeunes, c’est une belle expérience… Ils s’en souviennent souvent plus que de la vie d’équipe. C’est une articulation à penser dans la conception de l’itinéraire. Vous mentionnez les abbayes et vous avez raison. Le témoignage de la vie monastique et la participation à l’un ou l’autre office constituent une expérience marquante. Pour certains jeunes, ce genre de week-end constitue une belle expérience de vie fraternelle et ecclésiale.

    Je me suis également renseigné auprès de l’équipe de la pastorale des jeunes du Foyer de Charité de Tressaint. En 2010–2011, trois cents confirmands issus des établissements catholiques de la ville de Nantes ont été accueillis. Le Foyer m’a dit son désir d’articuler davantage sa proposition aux différents itinéraires du diocèse.

    Puisque vous repensez les articulations au niveau diocésain, c’est peut-être l’occasion d’envisager une relecture de ce qui se vit, non pas simplement chaque établissement avec le Foyer, mais plus largement, en réseau, dans le cadre diocésain. 

    Il me semble que dans tous les lieux de retraite, la question du sacrement de la réconciliation reste une proposition importante, qui suppose une préparation et aussi une coordination, à l’heure où le nombre de prêtres diminue… L’expérience montre que ces lieux et ces moments sont vraiment propices pour accompagner les jeunes dans cette démarche.

    Notons aussi que la préparation de la confirmation est un moment privilégié pour être attentif aux germes de vocation. Des choses s’expriment dans les temps d’échange et aussi dans les lettres des confirmands. Plus la vie chrétienne grandit en qualité, plus la capacité d’écoute à un appel possible grandit également. 

             3. L’atelier « Célébration ».

    Beaucoup de choses très précises et très justes sont formulées dans cet atelier. Je reviendrai simplement sur trois points. 

    a. Les parrains et marraines : un choix important.

    Des repères sont donnés sur le site internet du SNPLS[1]. Personnellement, je pense qu’il faut tenir le fait que ne peuvent être appelées à devenir parrains ou marraines de confirmation que les personnes elles-mêmes confirmées. Il apparaît dès lors important de rendre le jeune et ses parents bien libres par rapport au choix du parrain ou de la marraine. Le poids des traditions familiales ne rend pas toujours les choses faciles. Si on met en place des tuteurs, on peut penser qu’ils seront parfois choisis comme parrains ou marraines. Bien vérifier en amont que les personnes choisies sont confirmées. Pareillement pour les animateurs.

    b. Les célébrations de confirmation

                          sont un lieu privilégié pour donner le goût du sacrement.

    Pourquoi ne pas profiter systématiquement des célébrations de confirmation pour présenter ce sacrement aux adultes ? (Un texte de 200 mots, présentant le sacrement et les dates de rencontre pour l’année suivante, pourrait être préparé par le SDPLS. Il serait proposé à toutes les personnes qui préparent les liturgies de confirmation pour figurer à la fin des livrets) 

    c. Monitions, explications, mot d’accueil, homélie : un équilibre à trouver.

    Pour ce qui est des monitions, c’est une bonne chose de ne pas surcharger la célébration de paroles et de noter sur le livret les différentes significations des moments rituels.

    Le mot d’accueil et l’homélie sont également des moments très importants. On accueille des familles avec des situations matrimoniales souvent complexes. Dans l’homélie, enfin, on apprécie de sentir le prédicateur habité par le contenu des lettres et par l’épaisseur de la vie chrétienne des jeunes. 

             4. L’atelier « Confirmation et eucharistie ».

    Un atelier délicat qui touche à plusieurs choses. Il y a un an, en le présentant, Mgr JAMES disait : « Comment aider à faire grandir le lien entre confirmation et Eucharistie ? » 

    Dans votre réflexion, trois points de vue semblent abordés : 1/ La façon dont est présentée et expliquée l’Eucharistie pendant la préparation à la confirmation. 2/ La façon dont la pratique eucharistique fait partie de la pédagogie de la préparation à la confirmation (comment aider les jeunes à aller à la messe). 3/ Le lien entre l’Eucharistie et la Confirmation au sein des sacrements de l’initiation chrétienne… Ce n’est pas un hasard si ces trois dimensions s’entrechoquent sans cesse. 

    a. L’Eucharistie, sacrement de la fidélité…

    Vous soulignez les liens entre l’engagement envers les frères, l’engagement envers Dieu et la prise de conscience de l’engagement de Dieu envers nous. Il y a là une réflexion intéressante. Le but est bien de faire entrer les jeunes dans une vie eucharistique. Fidélité, don de soi, présence de Dieu dans les frères que je rencontre : autant d’expériences qui vont contre la culture ambiante…

    Comme vous le proposez, on peut s’appuyer sur la générosité des jeunes et travailler sur cette fidélité dans la durée. Vous suggérez d’inviter à un service et à un engagement chaque mois envers les frères et envers la communauté chrétienne. Il s’agit de bien tenir l’équilibre fécond entre vie eucharistique et pratique liturgique. Cela rejoint ce qui est déjà un peu pensé dans l’atelier « itinéraire ».

    b. Vous rappelez que la préparation à l’eucharistie nécessite une étape,  

                       qui est justement la confirmation…

    Nous touchons là un des points sensibles de l’état actuel de notre pratique pastorale en France.

    On peut penser à l’épiclèse sur l’assemblée dans la 3ème Prière eucharistique : « Regarde, Seigneur, le sacrifice de ton Eglise, et daigne y reconnaître celui de ton Fils qui nous a rétablis dans ton Alliance; quand nous serons nourris de son corps et de son sang et remplis de l’Esprit Saint, accorde-nous d’être un seul corps et un seul esprit dans le Christ. » On peut également évoquer Presbyterorum ordinis, cité tout à l’heure dans la synthèse des ateliers : « L’Eucharistie est bien la source et le sommet de toute l’évangélisation : tandis que les catéchumènes sont progressivement conduits à y participer, les chrétiens, déjà marqués par le baptême et la confirmation, trouvent en recevant l’Eucharistie leur insertion plénière dans le Corps du Christ. »[2] 

    Le CEC §1231 précise que « là où le Baptême des enfants est devenu largement la forme habituelle de la célébration de ce sacrement, celle-ci est devenue un acte unique qui intègre de façon très abrégée les étapes préalables à l’initiation chrétienne. De par sa nature même, le Baptême des enfants exige un catéchuménat postbaptismal. Il ne s’agit pas seulement du besoin d’une instruction postérieure au baptême, mais de l’épanouissement nécessaire de la grâce baptismale dans la croissance de la personne. C’est le lieu propre du catéchisme. »

    Sans aucun doute si nous proposions la confirmation à l’âge de 8 ou 9 ans et seulement ensuite ou, dans la même célébration, la première des communions, il y aurait beaucoup plus de monde à être confirmé.

    En même temps, puisque aujourd’hui nos évêques n’ont pas remis en cause le texte de 1985 confirmé par Rome en 1989, nous sommes invités à habiter autrement le sacrement de la confirmation. Ce qui sans doute est en cause, c’est la fidélité, l’engagement chrétien, la vie chrétienne des jeunes.

    Il faut donc inviter à vivre chrétiennement… Et à cette occasion présenter la confirmation comme le sacrement qui nous fait entrer plus profondément dans la vie chrétienne.

    On parle communément de préparation à la confirmation et on aura du mal à sortir de cette représentation. Il faut faire avec.

    c. En quelles occasions, comment mange-t-on ensemble pendant la préparation ?

    Cette question n’est pas complètement anodine. Dans les camps et les week-ends que j’ai pu vivre, j’ai observé bien des fois que la qualité de la participation des jeunes à l’Eucharistie dépendait en grande partie de la qualité de relation fraternelle et de respect mutuel mis en place dans la vie de groupe, notamment pendant les repas et les services autour du repas : préparation de la table, façon de manger et  vaisselle… 

             5. L’atelier « Après-confirmation ».

    Vous émettez un ensemble de propositions très intéressantes et de bonnes idées. Et c’est bien sans doute de faire connaître largement toutes ces possibilités. Dans toutes ces propositions, il y a — et c’est normal — beaucoup d’infinitifs… A un moment donné, dans nos communautés, se pose une question très simple : qui donne du temps ? De quels moyens concrets dispose-t-on pour rejoindre les jeunes et en rassembler au moins quelques-uns la première fois ? Parfois, on n’ose pas se lancer, faute d’idées concrètes ou de la présence d’une personne expérimentée qui puisse nous soutenir et nous aider. Ça vaudrait le coup de réunir tous ceux qui proposent des choses après la confirmation, ne serait-ce que pour faire un inventaire des bonnes idées et des personnes à contacter pour être accompagné quand soi-même on a envie de se lancer…

     Vous proposez d’inscrire la confirmation sur 2 ans (avec la célébration du sacrement au milieu). Je ne sais pas jusqu’où et comment on peut aller dans ce sens. De toute façon, on n’échappera pas au fait qu’il y a un avant et un après sacrement et c’est heureux !…

    a. L’ implication des parrains et marraines de confirmation

                       dans une relation durable.

    Nous retrouvons ici la question du choix du parrain et de la marraine et la question d’un tuteur ou d’un accompagnateur plus personnel du jeune. Il ne faut pas confondre cela avec la forme de tutorat que vous suggérez entre nouveaux confirmés et confirmands dans un temps fort commun. Dans bien des cas, le parrain ou la marraine de baptême, qui est de la famille, sera aussi parrain ou marraine de confirmation… 

    b. La reconnaissance des nouveaux confirmés par leur paroisse.

    Ce point est sans nul doute à approfondir. Il s’agit bien de reconnaître les confirmés et non de leur mettre une pression trop forte. 

    Parmi les mille choses auxquelles on peut penser, il y a la façon dont les prêtres facilitent l’implication des jeunes dans la liturgie. Parfois le système de la chorale ou des équipes liturgiques est tellement bien en place qu’il n’y a plus de place. Ce n’est pas aux jeunes ni à leurs animateurs de se battre pour trouver leur place. Par contre, une fois qu’on leur en a donné une, il me paraît bon de leur apprendre à tenir compte des adultes et des anciens, notamment dans le choix des chants. 

    c. Propositions après la confirmation : s’en donner les moyens en amont…

    Les jeunes aiment bien savoir qu’ils ne seront pas tout seuls, mais qu’il y aura du monde. Pour lancer un groupe, il faut ratisser large et créer l’événement. Est-ce que dans les paroisses on a un fichier avec les coordonnées des jeunes confirmés depuis trois ans ? Est-ce qu’on est prêt à écrire à tous en même temps ?

    Pendant la préparation à la confirmation, on a parfois l’occasion de faire découvrir tel ou tel mouvement. Et c’est une bonne chose même si on sait que certains jeunes n’entreront dans aucun mouvement et qu’il est sans doute nécessaire de mettre sur pied des groupes informels post-confirmation…

    Dans les groupes qui se constituent après la confirmation, il est bon qu’il y ait au moins  trois piliers : un pilier enseignement-témoignage, un pilier convivialité et un pilier prière. Il faut également tenir compte des agendas des jeunes et de la configuration urbaine ou rurale… J’ai lancé un groupe comme cela en l’an 2000, et les jeunes, à ma grande surprise, ont demandé à se réunir entre midi et deux heures le samedi… Et ça a marché très bien…


    III. Trois réflexions transversales et trois propositions

             1. Trois réflexions transversales.

    a. Comment passer de « mon » à « notre » parcours ?

    L’évolution rapide des générations de jeunes et la référence au TNOCF sont deux occasions de revoir les itinéraires et les parcours de confirmation. Il y a là une belle occasion de mutualiser toutes les bonnes idées. Les ateliers en cours ont déjà commencé à faire ce travail. Il faut pour bien faire éviter de remettre en place des parcours trop personnels… mais il faut aussi éviter des parcours trop impersonnels… Sans doute y a-t-il moyen de mettre en place des propositions pédagogiques qui tiennent compte des éléments incontournables soulignés par le travail en cours et qui en même temps laissent place à une certaine souplesse en fonction du terrain où l’on se trouve, du nombre d’animateurs et de l’âge des jeunes. 

    b. Comment passer de l’infinitif à l’indicatif ?

    Dans nos projets, au niveau diocésain comme au niveau local, on emploie beaucoup l’infinitif… Une question concrète surgit toujours à un moment ou l’autre : « Qui fait quoi, pour quand, avec quels moyens ? » Dans certains contextes, ce n’est pas si facile de répondre…

     Pour la confirmation, l’appel et la formation des animateurs est un point d’attention important. J’ai pu vérifier par deux fois que c’était un service à leur rendre de les appeler pour au moins trois ans. En même temps, il faut leur donner les moyens de se réunir régulièrement et d’être reconnus, écoutés et accompagnés. 

    c. A propos des jeunes en situation de handicap.

    A plusieurs reprises vous en parlez dans les synthèses des ateliers. Et vous dites que « ces jeunes ont leur place dans de tels itinéraires. » C’est un bon critère de se demander si un jeune avec un handicap, moyennant les adaptations nécessaires, se sentirait à l’aise dans ce que nous proposons.

             2. Trois propositions.

    a. Découvrir les parcours nouveaux ou renouvelés, publiés

        dans l’esprit du Texte National d’Orientation de la Catéchèse en France.

    On peut penser à Christos, du diocèse de Luçon, à Audace nouvelle édition, et aussi aux itinéraires qui se construisent dans le cadre de la Pastorale Catéchétique Spécialisée.

    Ces parcours semblent prennent en compte les orientations du Texte National d’Orientation de la Catéchèse en France. On retrouve différents ingrédients :

                        - une vie en équipe avec un animateur.

                        - un lien avec la communauté chrétienne.

                          à travers la prière et des étapes liturgiques célébrée pendant le parcours.

                        - un lien avec un tuteur, qui est un adulte de la communauté chrétienne.

         - un lien avec la famille.

                - un lien la Parole de Dieu.

    Pour des équipes qui veulent se lancer et se souder autour d’un projet, c’est plus facile de démarrer à partir d’une rencontre de présentation qu’en lisant simplement le mode d’emploi du parcours, même si celui-ci est bien fait… 

    A un moment donné, cela pourrait être bon qu’à l’initiative du Service Diocésain de Pastorale Catéchétique, les concepteurs de ces différents parcours puissent être invités à venir les présenter.

    Des initiatives de ce genres sont exigeantes, mais elle permettent à des petites structures qui n’auraient pas les moyens de monter des formations de profiter ces rencontres. Ces rencontres seront d’ailleurs plus riches si vous êtes d’horizons différents.

    b. Elaborer un recueil de témoignages qui donnent à goûter

                       ce que représente la confirmation dans la vie d’un jeune ou d’un adulte…

    Cela pourrait se faire à partir de lettres de confirmands, jeunes et adultes. En sélectionnant une quinzaine de lettres, on pourrait contacter les personnes et leur demander, avec le recul, de dire comment ils vivent leur vie chrétienne après 1 an, 3 ans, 5 ans, ou plus… Cela pourrait permettre de trouver des mots et des exemples concrets pour mieux présenter la place et le sens de la confirmation dans l’itinéraire d’une vie chrétienne. On a des outils pratiques de diffusion, comme le nouveau site du diocèse…

    c. De l’importance d’un tract « local » de présentation de la confirmation.

    Il s’agit de faire en sorte que la proposition de la confirmation rejoigne bien tous les jeunes concernés dans toutes les classes concernées.

    Au niveau diocésain, on peut compter sur la Pastorale des Jeunes pour impulser des choses… et sans aucun doute sur l’Enseignement catholique pour relayer en trouvant les bonnes portes d’entrée.

    Mais dans mon diocèse, j’ai pu vérifier que cela ne suffisait pas. L’implication concrète des acteurs locaux est essentielle, que ce soit les LEME, les APS, les Chefs d’établissement, les conseillers d’éducation ou les professeurs… Et parfois on porte deux casquettes en même temps.

    Il faut prendre soin des relations entre paroisses, école, collège, lycée catholique et aumônerie de l’Enseignement Public, même si parfois c’est difficile, à cause de l’histoire ou à cause du nombre d’établissements ou d’aumôneries sur le territoire paroissial.


    [1] « Comment choisir un parrain ou une marraine de confirmation ? Le rôle du parrain ou de la marraine. Comme pour le sacrement du baptême, un parrain ou une marraine accompagne dans la mesure du possible celui qui reçoit le sacrement de la confirmation. Avoir un parrain ou une marraine a trois objectifs : 
 aider et soutenir, par sa présence active, celui qui se prépare à recevoir le sacrement de la confirmation ; 
 présenter le confirmand (celui qui va être confirmé) à l’évêque ou son délégué pendant la célébration ; 
 aider le confirmé à vivre du don qu’il aura reçu. Il vaut donc mieux choisir ce parrain ou cette marraine vers le début de la préparation. À qui demander ? Il s’agit que celui qui se prépare à la confirmation choisisse librement une personne avec qui il se sent en confiance, qui comprendra la portée de son engagement et qui pourra l’aider dans son cheminement, avant et après la célébration. L’Église demande que, sauf exceptions à voir avec l’évêque, le parrain ou la marraine : 
 ait au moins 16 ans ; 
 soit un catholique ayant reçu lui-même le sacrement de la confirmation et puisse si possible témoigner d’une vie d’Église ; 
 ne soit ni le père ni la mère de celui qui sera confirmé. De même, il est normal de ne pas demander à quelqu’un avec qui l’on est “engagé affectivement” d’être son parrain ou sa marraine, car la relation d’un parrain à son filleul est d’un tout autre ordre. Comme le sacrement de la confirmation est indissociablement lié à celui du baptême, il conviendrait plutôt de choisir soit le parrain soit la marraine de baptême. Mais dans le cas de jeunes, un autre choix peut s’avérer meilleur. Le parrain ou la marraine devra normalement être présent lors de la célébration, car il y joue un rôle actif. En cas d’impossibilité, il peut toutefois se faire représenter. » (http://www.liturgiecatholique.fr/Comment-choisir-un-parrain-ou-une.html)

    [2] Décret sur le ministère et la vie des prêtres, n°5.