• 153 poissons

     Symbolique des nombres 

    153 poissons, pourquoi ?

       Il est rare que l’Evangile donne des nombres précis… Cependant, dans le récit de la pêche miraculeuse, une précision étonnante nous est donnée : « Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu'à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré. »[1]

       Que signifie donc ce nombre 153 ? Diverses interprétations ont été avancées… Saint Augustin, au Traité 122, §8 sur l’Evangile de Jean en propose plusieurs.[2]

       Tout d’abord, il remarque que 17 = 10 + 7 et représente la loi (les 10 commandements) et l’Esprit Saint, à travers les 7 dons mentionnés par Isaïe : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines.Sur lui reposera l'esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur, qui lui inspirera la crainte du Seigneur. »[3] « Quand la grâce, dit Saint Augustin, vient en aide à la loi, c'est-à-dire, quand l'esprit s'unit à la lettre, le nombre sept s'ajoute, en une certaine façon, au nombre dix (cum autem accedit ad legem gratia, id est, ad litteram spiritus, quodammodo denario numero additur septenarius) ».

       Ensuite, il souligne que le nombre 153 est la somme des nombres de 1 à 17. Il exprime ainsi la totalité de ce qui est contenu dans le nombre 17… Or 17 est le nombre des peuples énumérés par Saint Pierre dans le récit de la Pentecôte dans les Actes des Apôtres : « Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »[4]

       Enfin, il propose d’interpréter 153 comme « trois fois cinquante, plus trois, qui représentent le mystère de la Trinité (et insuper ipsa tria propter mysterium Trinitatis) : le nombre cinquante est formé par le résultat de sept multiplié par sept, auquel on ajoute un; car sept fois sept font quarante-neuf. On y ajoute un, pour signifier que celui qui est symbolisé par sept à cause de ces sept opérations, est un (ut eo significetur unum esse qui per septem propter operationem septenarium demonstratur) : nous le savons, le Saint-Esprit a été envoyé le cinquantième jour après la résurrection du Sauveur, il avait été promis aux disciples, et ils avaient reçu l'ordre de l'attendre »[5].

    Illustration : Konrad Witz, La pêche miraculeuse, 1444. Musée d’Art et d’Histoire, Genève, Suisse

    [1] Jn 21,11.

    [2] Migne, Patrologie Latine, tome 35, col.1963-1964.

    [3] Is 11, 1-3

    [4] Ac 2, 9-11

    [5] Ac 1,4




    Luc MEYER