• 666, le chiffre de la Bête

     Symbolique des nombres 

    666, le "chiffre de la bête"

     

    En hébreu comme en grec, on écrit les nombres avec des lettres de l’alphabet. « Le chiffre contenu dans les lettres du nom de la bête » dont parle l’Apocalypse en ce chapitre 15, nous est donné explicitement au chapitre 13, verset 18. La plupart des manuscrits donnent le nombre 666. Pour savoir ce que recèle ce chiffre, il faut – selon l’auteur de l’Apocalypse – écrire ce chiffre en lettres hébraïques. C’est un procédé d’interprétation courant dans la culture midrashique.[1] 

    On avance souvent le nom de César Néron… En effet, en attribuant le chiffre équivalant à chacune des lettres de son nom, écrit en hébreu, on obtient la somme 666 :

    En période de persécution, il était important pour ceux qui avaient été initiés aux mystères chrétiens, de pouvoir nommer l’adversaire, de l’identifier de façon symbolique mais précise… Car le combat chrétien se vit dans l’histoire ; et le mal que l’on nous fait, parce que l’on est chrétien, n’est pas une fatalité ni un destin impitoyable… Il est le fait de libertés bien déterminées qui refusent la lumière de l’Evangile. Il prend, à l’époque, la forme d’une persécution politique injuste et cruelle. 666, c’est aussi la triade du chiffre de l’imperfection, par opposition au chiffre 7. De nombreuses interprétations se sont greffées sur ce passage de l’Apocalypse, jusqu’aux derniers avatars du satanisme contemporain…

    Mais pour nous qui sommes chrétiens, le salut de l’Evangile est d’abord un réalisme spirituel, bien ancré dans la conscience historique, jusque dans la croix de Jésus ; …un sens du réel, qui sait lutter délibérément contre les fantasmes d’un imaginaire débridé  qui aliène notre liberté, cette aliénation étant précisément un fait diabolique. Le combat est ardu pour avoir les pieds sur terre et la tête dans le ciel, mais chacun sait que le Seigneur est déjà vainqueur : « Par sa main puissante, il s’est assuré le salut » Ps 97(98) « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. » (Lc 21,18)                  

     


    [1] Le Dictionnaire Encyclopédique du Judaïsme Ancien l’appelle « gématria », qui signifie « numérologie » (p.431)





    Luc MEYER