• - Avis de brise légère

    « Avis de brise légère… Force 8 ! »

    Samedi 17 février 2018 à la Cotellerie

    Accompagnateurs de la Profession de foi et de la Confirmation.

     

    I. L’Esprit Saint, au cœur de notre prière d’adoration.

         1.  L’Esprit Saint est au cœur de toutes nos prières, à commencer par le signe de la Croix.

         2.  Le premier objet de notre adoration, c’est la Trinité.

         3.  Mais nous pouvons adorer aussi chacune de ses personnes, dont le Saint-Esprit.

    a. Nous adorons le Père.

    b. Nous adorons le Fils et, dans son unité, la personne de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. 

             c. Nous adorons aussi le Saint-Esprit.

     

    II. Place de l’Esprit Saint dans la vie du Christ Jésus, Verbe incarné.

    L’Esprit est présent à l’Annonciation.

    L’Esprit est présent à la Visitation.

    L’Esprit est présent au Baptême de Jésus.

    L’Esprit est présent dans la retraite de Jésus au Désert, où il le conduit.

    L’Esprit est présent dans la vie publique de Jésus, où il le fait entrer.

    L’Esprit est présent dans la prédication de Jésus.

    L’Esprit est présent à la Croix, quand Jésus remet sa vie entre les mains de son Père.

    L’Esprit est présent à la Pentecôte, quand Jésus ranime ses disciples.

     

    III. Place de l’Esprit Saint dans notre vie chrétienne.

    1. Dans le Nouveau Testament, L’Esprit Saint est à l’œuvre

        dans le cœur des hommes, avant la Résurrection…

    2. Les appellations de l’Esprit Saint. 

    3. Dans l’Esprit Saint, naît l’Eglise,  

        qui est le lieu de notre enfantement à la vie nouvelle d’enfants de Dieu. 

    4. L’Eglise est le lieu de notre connaissance de l’Esprit Saint. 

    5. Par le Baptême, nous avons été enfantés à la vie divine.

    6. Par le Baptême, nous sommes devenus enfants de Dieu le Père. 

    7. Par le Baptême, nous sommes devenus frères et sœurs de Jésus. 

     

    IV. Repères pour parler de l’Esprit Saint.

    1. Les symboles de l’Esprit Saint : 

             L’eau, l’onction, le feu, la nuée et la lumière, le sceau, la main, le doigt, la colombe, le vent. 

         2. Le chant « Esprit de lumière, Esprit créateur ». quelques indications.

             a. L’Eglise invoque l’Esprit sur elle-même.

             b. Les dons viennent en premier, dans le premier couplet.

             c. L’appel de Esprit Saint est lié au désir du Salut et à la liberté retrouvée.

             d. L’accueil de Esprit Saint est lié à la croissance de la liberté.

             e. Le refrain donne une finalité missionnaire à la transformation de nos vies.

         3. Quelques précisions sur la confirmation.

             a. L’évêque est le ministre originaire de la confirmation. 

             b. Il ne faut pas confondre les dons et les fruits de l’Esprit Saint. 

             c. La confirmation n’est pas d’abord affirmation de la foi.

             d. La confirmation est un acte de conformation au Christ, dans la force de son Esprit.


    « Avis de brise légère… Force 8 ! »

    Samedi 17 février 2018 à la Cotellerie

    Accompagnateurs de la Profession de foi et de la Confirmation.

    I. L’Esprit Saint, au cœur de notre prière d’adoration.

     

      1. L’Esprit Saint est au cœur de toutes nos prières, à commencer par le signe de la Croix.

     

      2. Le premier objet de notre adoration, c’est la Trinité.

         Nous adorons Dieu dans la Trinité de ses personnes.

     

      3. Mais nous pouvons adorer aussi chacune de ses personnes, dont le Saint-Esprit.

    Les trois personnes divines sont en effet,

    à la fois infinies dans leur essence et égales en toute chose.

        

    a. Nous adorons le Père

     

    b. Nous adorons le Fils

    et, dans son unité, la personne de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.

     

    Saint Thomas d’AQUIN le rappelle dans la Somme théologique :  

             « Puisque dans le Christ il n’y a qu’une seule personne en deux natures,

                      c’est bien une seule et même adoration que nous rendons

                              à la divinité du Christ et à son humanité. »

     

    Il faut donc adorer l’humanité du Christ dans tous ses mystères :

             sa naissance, sa vie privée et sa vie publique,

                      ses souffrances et sa mort,

                              sa résurrection et son Ascension, sa gloire dans le Ciel.

     

    Et comme Notre Seigneur est réellement et substantiellement présent

             dans les espèces eucharistiques

             nous pouvons aussi l’adorer dans son corps et son sang, son âme et sa divinité.

                C’est ce que l’on appelle l’adoration eucharistique, qui est une adoration toute particulière.

     

    En considérant le corps de Jésus-Christ, l’Eglise a montré sa prudence.

             Des parties de son corps, on ne peut stricto sensu adorer que son Cœur,

                      en tant qu’il est le siège de toute son humanité aimante, unie à sa divinité.

     

    On vénère seulement les plaies, les mains et la bouche du Christ…

    Mais nous adorons la Croix du Christ, le vendredi saint

             Et à travers la croix, c’est le Christ lui-même que nous adorons.

     

    Vous avez d’ailleurs peut-être remarqué

             comment le dialogue entre le prêtre et l’assemblée permet de signifier cela :

                      le prêtre dit : « Voici le bois de la Croix qui a porté le Salut du monde »,

                              et l’assemblée répond: « Venez, adorons ! ».

     

    Et lorsque nous faisons le chemin de Croix, après chaque station nous pouvons dire :

             « Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons

                      parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix. »

     

    c. Nous adorons aussi le Saint-Esprit.

    Le Symbole de Nicée-Constantinople dit très simplement :

    « Avec le Père et le Fils, [l’Esprit saint] reçoit même adoration et même gloire »,

     

    Si on regarde le plan du catéchisme de l’Eglise Catholique,

    la place de l’Esprit Saint dans ce plan est très éloquente :

     

    Plan du catéchisme de l’Eglise Catholique

     

               I. La profession de foi

                           A. Je crois - Nous croyons

                           B. La profession de foi

                                       Je crois en Dieu le Père

                                       Je crois en Jésus-Christ

                                       Je crois en l’Esprit-Saint

                                       Je crois en la sainte Eglise

               II. La célébration du mystère chrétien

               III. La vie dans le Christ

                           A. La vocation de l’homme: la vie dans l’Esprit

                           B. Les dix commandements

               IV. La prière chrétienne

     

    On voit que pour vivre dans le Christ, il faut vivre dans l’Esprit

    Et on voit également les 10 commandements sont traités après.

    Je ne pense pas que cela soit une erreur.

    Dès l’Exode, quand Dieu donne la loi,

    il commence toujours par rappeler que c’est lui qui a sauvé son peuple.

     

    Pour faire court, on peut donc penser qu’accueillir l’Esprit Saint dans notre vie,

    c’est accueillir le salut de Dieu.

     

    Et 1 Co 2, 11 nous dit : « personne ne connaît ce qu’il y a en Dieu, sinon l’Esprit de Dieu. »

     

    C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui,

    je voudrais considérer la place toute particulière de l’Esprit Saint

    1/ dans la vie du Christ Jésus, Verbe incarné

        2/ dans notre vie, nous qui, par le Baptême,

    -  avons été enfantés à la vie divine

    -  sommes devenus    enfants de Dieu le Père

                                frères et sœurs de Jésus

     

    II. Place de l’Esprit Saint dans la vie du Christ Jésus, Verbe incarné.

     

    L’Esprit est présent à l’Annonciation :

    Lc 1, 35 : L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.

     

    L’Esprit est présent à la Visitation :

    Lc 1, 41-42 : quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, 42 et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.

     

    L’Esprit est présent au Baptême de Jésus :

    Lc 3, 22 22 L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

     

    L’Esprit est présent dans la retraite de Jésus au Désert, où il le conduit :

    Lc 4, 1-2  01 Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert 02 où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable.

     

    L’Esprit est présent dans la vie publique de Jésus, où il le fait entrer :

    Lc 4, 14 14 Lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. 15 Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge.

     

    L’Esprit est présent dans la prédication de Jésus :

    Jn 3, 34-36 : celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure. 35 Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main.

     

    L’Esprit est présent à la Croix, quand Jésus remet sa vie entre les mains de son Père :

    Lc 23, 45-46 Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira.

     

     

    L’Esprit est présent à la Pentecôte, quand Jésus ranime ses disciples :

    Jn 20, 19-23 19 Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » 20 Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.

    21 Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » 22 Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. 23 À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

     

    On peut dire que les 33 ans de vie que Jésus a passés en Palestine sont traversés de part en part et animés par le souffle de l’Esprit Saint. L’Esprit Saint est la respiration quotidienne de Jésus. Mais l’Esprit Saint est aussi présent et actif avant et dans la naissance de Jésus, dans et après sa mort, dans et après sa Résurrection.

     

    III. Place de l’Esprit Saint dans notre vie chrétienne

     

       1.  Dans le Nouveau Testament, L’Esprit Saint est à l’œuvre

           dans le cœur des hommes, avant la Résurrection…

     

    Quelques exemples :

    Lc 1, 67-68 : 67 Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit Saint et prononça ces paroles prophétiques : 68 « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple.

     

    Lc 2, 25 il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui.

     

    Lc 2, 27 Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.

     

        2. Les appellations de l’Esprit Saint 

    692      Jésus, lorsqu’il annonce et promet la venue de l’Esprit Saint, le nomme le “ Paraclet ”, littéralement : “ celui qui est appelé auprès ”, ad-vocatus (Jn 14, 16. 26 ; 15, 26 ; 16, 7). “ Paraclet ” est traduit habituellement par “ Consolateur ”, Jésus étant le premier consolateur (cf. 1 Jn 2, 1). Le Seigneur lui-même appelle l’Esprit Saint “ l’Esprit de Vérité ” (Jn 16, 13).

    693      Outre son nom propre, qui est le plus employé dans les Actes des apôtres et les Épîtres, on trouve chez S. Paul les appellations : l’Esprit de la promesse (Ga 3, 14 ; Ep 1, 13), l’Esprit d’adoption (Rm 8, 15 ; Ga 4, 6), l’Esprit du Christ (Rm 8, 11), l’Esprit du Seigneur (2 Co 3, 17), l’Esprit de Dieu (Rm 8, 9. 14 ; 15, 19 ; 1 Co 6, 11 ; 7, 40), et chez S. Pierre, l’Esprit de gloire (1 P 4, 14).

     

    On sent bien que l’Esprit Saint a un rôle différent du Père et du Fils dans notre prière et la façon même dont nous vivons comme enfants de Dieu.

     

       3.  Dans l’Esprit Saint, naît l’Eglise,  

           qui est le lieu de notre enfantement à la vie nouvelle d’enfants de Dieu. 

     

    CEC 747 L’Esprit Saint que le Christ, Tête, répand dans ses membres, bâtit, anime et sanctifie l’Église. Elle est le sacrement de la communion de la Trinité Sainte et des hommes.

     

    Quelle est la date de naissance de l’Eglise ?

    C’est à la Pentecôte que l’Eglise se manifeste. Elle est bien le lieu où nous sommes enfantés à la vie nouvelle d’enfants de Dieu. La Vierge Marie est présente au Cénacle, avec les disciples. Mais L’Eglise n’est pas simplement la somme des chrétiens. On peut dire que l’Eglise naît à l’Annonciation, dans le oui de la Vierge Marie à l’Esprit Saint qui la prend sous son ombre : « À l’instant de son oui, Marie en personne, l’Eglise en personne et comme personne. Incontestablement, elle est cette concrétisation personnelle de l’Eglise du fait que, en vertu de son oui, elle devient corporelle ment la mère du Seigneur. »[1] Cette naissance cachée peut alors être distinguée de sa « manifestation » au monde :

    CEC 726         Au terme de cette mission de l’Esprit, Marie devient la “ Femme ”, nouvelle Eve “ mère des vivants ”, Mère du “ Christ total ” (cf. Jn 19, 25-27). C’est comme telle qu’elle est présente avec les Douze, “ d’un même cœur, assidus à la prière ” (Ac 1, 14), à l’aube des “ derniers temps ” que l’Esprit va inaugurer le matin de la Pentecôte avec la manifestation de l’Église.

     

       4.  L’Eglise est le lieu de notre connaissance de l’Esprit Saint. 

    CEC 688         L’Église, communion vivante dans la foi des apôtres qu’elle transmet, est le lieu de notre connaissance de l’Esprit Saint :

    – dans les Écritures qu’Il a inspirées ;

    – dans la Tradition, dont les Pères de l’Église sont les témoins toujours actuels ;

    – dans le Magistère de l’Église qu’Il assiste ;

    – dans la liturgie sacramentelle, à travers ses paroles et ses symboles, où l’Esprit Saint nous met en communion avec le Christ ;

    – dans la prière dans laquelle Il intercède pour nous ;

    – dans les charismes et les ministères par lesquels l’Église est édifiée ;

    – dans les signes de vie apostolique et missionnaire ;

    – dans le témoignage des saints où Il manifeste sa sainteté et continue l’œuvre du salut.

     

    5. Par le Baptême, nous avons été enfantés à la vie divine.

    Lc 3, 16 16 Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.

    Adorer l’Esprit Saint, c’est adorer Dieu et en même temps

             avoir du respect pour le mystère que nous sommes nous-mêmes

     

    6. Par le Baptême, nous sommes devenus enfants de Dieu le Père. 

    « Sois marqué de l’Esprit Saint, le don de Dieu »

    Avant de parler des dons de l’Esprit, il est préférable de parler de l’Esprit Saint comme le don de Dieu.

     

    7. Par le Baptême, nous sommes devenus frères et sœurs de Jésus. 

    Saint Luc nous fait comprendre que c’est sous l’action de l’Esprit Saint qui l’habite que Jésus se tourne vers le Père :

    Lc 10, 21-22 Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. 22 Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »

     

    Saint Paul nous dit la même chose de nous, qui sommes les petits frères et les petites sœurs de Jésus : "Cous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu." 

     

    IV. Repères pour parler de l’Esprit Saint.

     

    1. Les symboles de l’Esprit Saint (CEC 694-701) 

     

    694 1 L’eau.[2] Le symbolisme de l’eau est significatif de l’action de l’Esprit Saint dans le Baptême, puisque, après l’invocation de l’Esprit Saint, elle devient le signe sacramentel efficace de la nouvelle naissance 

     

    695 2 L’onction.[3] Dans l’initiation chrétienne, elle est le signe sacramentel de la Confirmation, appelée justement dans les Églises d’Orient “ Chrismation ”. Mais pour en saisir toute la force, il faut revenir à l’Onction première accomplie par l’Esprit Saint : celle de Jésus. Christ [ ”Messie ” à partir de l’hébreu] signifie “ Oint ” de l’Esprit de Dieu

     

    696 3 Le feu.[4] Alors que l’eau signifiait la naissance et la fécondité de la Vie donnée dans l’Esprit Saint, le feu symbolise l’énergie transformante des actes de l’Esprit Saint.

     

    697 4 La nuée et la lumière.[5] Dès les théophanies de l’Ancien Testament, la Nuée, tantôt obscure, tantôt lumineuse, révèle le Dieu vivant et sauveur, en voilant la transcendance de sa Gloire 

     

    698 5 Le sceau[6] est un symbole proche de celui de l’Onction.

     

    699 6 La main.[7] c’est par l’imposition des mains des apôtres que l’Esprit Saint est donné. Ce signe de l’effusion toute-puissante de l’Esprit Saint, l’Église l’a gardé dans ses épiclèses sacramentelles.

     

    700 7 Le doigt.[8] L’hymne “ Veni, Creator Spiritus ” invoque l’Esprit Saint comme “ le doigt de la droite du Père ”

     

    701 8 La colombe.[9] A la fin du déluge (dont le symbolisme concerne le Baptême), la colombe lâchée par Noé revient, un rameau tout frais d’olivier dans le bec, signe que la terre est de nouveau habitable (cf. Gn 8, 8-12). Quand le Christ remonte de l’eau de son baptême, l’Esprit Saint, sous forme d’une colombe, descend sur lui et y demeure (cf. Mt 3, 16 par.).

     

    J’aurais envie d’ajouter :

    9 Le vent :

    Le terme “ Esprit ” traduit le terme hébreu Ruah qui, dans son sens premier, signifie souffle, air, vent. Spiritus en latin et pneuma en grec évoquent aussi le souffle. Jésus utilise l’image sensible du vent pour suggérer à Nicodème la nouveauté transcendante de Celui qui est personnellement le Souffle de Dieu, l’Esprit divin (Jn 3, 5-8). 

     

    Jn 1, 33 : Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.”

     

    2. Le chant « Esprit de lumière, Esprit créateur » : quelques indications.

    Nous avons la théologie de nos cantiques…

     

    a. L’Eglise invoque l’Esprit sur elle-même.

    A la différence du premier chant, écrit à la première personne du singulier,

    « Viens en moi, Seigneur, ô viens me visiter »,

    le deuxième est écrit à la première personne du pluriel :

    « Viens, Esprit Saint, viens transformer nos vies »

     

    b. Les dons viennent en premier, dans le premier couplet.

    Dans nos cœurs, répands tes dons, sur nos lèvres inspire un chant…

     

    c. L’appel de Esprit Saint est lié au désir du Salut et à la liberté retrouvée

    Lave-nous de tout péché, fais-nous rechercher la paix, Désirer la sainteté…

     

    d. L’accueil de Esprit Saint est lié à la croissance de la liberté

    Nous accueillons ta clarté pour grandir en liberté…

     

    e. Le refrain donne une finalité missionnaire à la transformation de nos vies.

     

    3. Quelques précisions sur la confirmation

     

    a. L’évêque est le ministre originaire de la confirmation. 

    Cette réserve épiscopale « oblige » à référer explicitement la vie chrétienne à la vie en Eglise diocésaine. Concrètement, cela permet aussi parfois de « rassembler » des jeunes de tous horizons, de toutes sensibilités et de communautés diverses. Et sans aucun doute, cela permet aussi progressivement de relire et d’unifier des pratiques pour que ce soit le même Esprit qui anime toute l’Eglise. La rencontre personnelle avec la personne du Saint-Esprit se vit dès lors en faisant consciemment une expérience de la vie en Eglise.

     

    A l’occasion de la célébration, l’Evêque « confirme » aussi à chacun des jeunes qu’il fait bien partie de cette Eglise. Il « confirme » les jeunes dans un désir parfois encore bien flou de faire confiance au Christ et de le suivre. C’est à l’animateur de savoir être signe de cette confiance qui voit au-delà des apparences.

     

    La préparation et la célébration de la confirmation vont susciter pour certains une première expérience de « conscience ecclésiale ». Le confirmand fait l’expérience qu’il n’y a pas d’Eglise sans le ministère d’un successeur des Apôtres. Et ce n’est pas rien : l’Eglise n’est pas le club des amis de Jésus, mais le corps du Christ, avec, à sa tête, quelqu’un qui vit aussi d’un sacrement, le sacrement de l’ordre. Et ce sacrement de l’ordre nous rappelle que l’Eglise, c’est l’œuvre du Christ lui-même.

     

    b. Il ne faut pas confondre :

    - les dons de l’Esprit Saint.[10]

    - les fruits de l’Esprit, qui mûrissent souvent plus tard dans la vie chrétienne, parfois 10 ans après…[11]

    - et l’effusion de l’Esprit, qui n’est pas strictement liée au sacrement de la confirmation

    Pour certains, cette effusion, qui n’est pas simplement une expérience sensible,

    peut arriver avant la confirmation, pour d’autres au moment même,

    pour d’autres encore, bien après et se reproduire plusieurs fois dans la vie.

     

    c. La confirmation n’est pas d’abord affirmation de la foi.

    La confirmation ne consiste pas d’abord à « confirmer » son baptême, même si le sacrement de la confirmation comporte une profession de foi. On reçoit la confirmation, on est confirmé et ce qui est premier, c’est l’amour de Dieu qui vient jusqu’à nous, qui espère en nous et nous donne la force. C’est ce que dit Saint Paul aux Ephésiens : « Je tombe à genoux devant le Père, qui est la source de toute paternité au ciel et sur la terre. Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance par son Esprit, pour rendre fort l’homme intérieur. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour. » (Ep 3, 14-17) 

     

    d. La confirmation est un acte de conformation au Christ, dans la force de son Esprit.

    Et je voudrais simplement m’arrêter sur deux éléments de la célébration :

     

    Tout d’abord, l’imposition des mains et les dons de l’Esprit Saint. « Le Don qui contient tous les dons », c’est l’Esprit Saint lui-même[12] et le baptême nous a déjà donné « de pouvoir vivre et agir sous la motion de l’Esprit Saint par les dons du Saint-Esprit. »[13] On peut faire une catéchèse sur chacun des sept dons, mais le plus important, c’est de vivre ce qui nous est donné à la confirmation : la vie dans l’Esprit Saint, qui nous fait ressembler davantage à Jésus. « Donne-leur en plénitude l’Esprit qui reposait sur ton Fils Jésus. » dit la prière liturgique.[14] On ne peut donc pas dissocier les dons de la connaissance de la vie de Jésus : ce qu’il a fait, ce qu’il a dit, ce qu’il est pour nous aujourd’hui. Et là, il y a une belle place pour les témoignages.

     

    Ensuite, pour la célébration du sacrement comme telle, il y a :

                 un geste : la chrismation        

    et         une parole : « N,... soit marqué de l’Esprit Saint, le don de Dieu. » 

             C’est le cœur du sacrement. La question n’est pas de savoir quel pourcentage d’Esprit Saint on a reçu au baptême puis à la confirmation. C’est bien du même Esprit Saint qu’il s’agit. Mais l’initiation n’est vraiment achevée que lorsqu’on a reçu les trois sacrements de l’initiation.

     

    Le Catéchisme de l’Eglise Catholique[15] dit que

    « la Confirmation apporte croissance et approfondissement de la grâce baptismale :

    – elle nous enracine plus profondément dans la filiation divine qui nous fait dire « Abba, Père »[16] ;

    – elle nous unit plus fermement au Christ ;

    – elle augmente en nous les dons de l’Esprit Saint ;

    – elle rend notre lien avec l’Église plus parfait ;

    – elle nous accorde une force spéciale de l’Esprit Saint pour répandre et défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ, pour confesser vaillamment le nom du Christ et pour ne jamais éprouver de la honte à l’égard de la croix.

     



    [1] Joseph RATZINGER, « Marie, mère de l’Eglise » (extrait) in Joseph RATZINGER et Hans Urs von BALTHASAR, Marie, Première Eglise, Médiaspaul et Editions paulines, Paris 1987, p.31.

    [2] Le symbolisme de l’eau est significatif de l’action de l’Esprit Saint dans le Baptême, puisque, après l’invocation de l’Esprit Saint, elle devient le signe sacramentel efficace de la nouvelle naissance : de même que la gestation de notre première naissance s’est opérée dans l’eau, de même l’eau baptismale signifie réellement que notre naissance à la vie divine nous est donnée dans l’Esprit Saint. Mais “ baptisés dans un seul Esprit ”, nous sommes aussi “ abreuvés d’un seul Esprit ” (1 Co 12, 13) : l’Esprit est donc aussi personnellement l’Eau vive qui jaillit du Christ crucifié (cf. Jn 19, 34 ; 1 Jn 5, 8) comme de sa source et qui en nous jaillit en Vie éternelle (cf. Jn 4, 10-14 ; 7, 38 ; Ex 17, 1-6 ; Is 55, 1 ; Za 14, 8 ; 1 Co 10, 4 ; Ap 21, 6 ; 22, 17).

    [3] Le symbolisme de l’onction d’huile est aussi significatif de l’Esprit Saint, jusqu’à en devenir le synonyme (cf. 1 Jn 2, 20. 27 ; 2 Co 1, 21). Dans l’initiation chrétienne, elle est le signe sacramentel de la Confirmation, appelée justement dans les Églises d’Orient “ Chrismation ”. Mais pour en saisir toute la force, il faut revenir à l’Onction première accomplie par l’Esprit Saint : celle de Jésus. Christ [ ”Messie ” à partir de l’hébreu] signifie “ Oint ” de l’Esprit de Dieu. Il y a eu des “ oints ” du Seigneur dans l’Ancienne Alliance (cf. Ex 30, 22-32), le roi David éminemment (cf. 1 S 16, 13). Mais Jésus est l’Oint de Dieu d’une manière unique : l’humanité que le Fils assume est totalement “ ointe de l’Esprit Saint ”. Jésus est constitué “ Christ ” par l’Esprit Saint (cf. Lc 4, 18-19 ; Is 61, 1). La Vierge Marie conçoit le Christ de l’Esprit Saint qui par l’ange l’annonce comme Christ lors de sa naissance (cf. Lc 2, 11) et pousse Siméon à venir au Temple voir le Christ du Seigneur (cf. Lc 2, 26-27) ; c’est lui qui emplit le Christ (cf. Lc 4, 1) et dont la puissance sort du Christ dans ses actes de guérison et de salut (cf. Lc 6, 19 ; 8, 46). C’est lui enfin qui ressuscite Jésus d’entre les morts (cf. Rm 1, 4 ; 8, 11). Alors, constitué pleinement “ Christ ” dans son Humanité victorieuse de la mort (cf. Ac 2, 36), Jésus répand à profusion l’Esprit Saint jusqu’à ce que “ les saints ” constituent, dans leur union à l’Humanité du Fils de Dieu, “ cet Homme parfait (...) qui réalise la plénitude du Christ ” (Ep 4, 13) : “ le Christ total ”, selon l’expression de S. Augustin (serm. 341, 1,  1 ; ibid., 9, 11).

    [4] Alors que l’eau signifiait la naissance et la fécondité de la Vie donnée dans l’Esprit Saint, le feu symbolise l’énergie transformante des actes de l’Esprit Saint. Le prophète Elie, qui “ se leva comme un feu et dont la parole brûlait comme une torche ” (Si 48, 1), par sa prière attire le feu du ciel sur le sacrifice du mont Carmel (cf. 1 R 18, 38-39), figure du feu de l’Esprit Saint qui transforme ce qu’il touche. Jean-Baptiste, “ qui marche devant le Seigneur avec ‘l’esprit’ et la puissance d’Elie ” (Lc 1, 17) annonce le Christ comme celui qui “ baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ” (Lc 3, 16), cet Esprit dont Jésus dira : “ Je suis venu jeter un feu sur la terre et combien je voudrais qu’il fût déjà allumé ” (Lc 12, 49). C’est sous la forme de langues “ qu’on eût dites de feu ” que l’Esprit Saint se pose sur les disciples au matin de la Pentecôte et les remplit de lui (Ac 2, 3-4). La tradition spirituelle retiendra ce symbolisme du feu comme l’un des plus expressifs de l’action de l’Esprit Saint (cf. S. Jean de la Croix, llama). “ N’éteignez pas l’Esprit ” (1 Th 5, 19).

    [5] Ces deux symboles sont inséparables dans les manifestations de l’Esprit Saint. Dès les théophanies de l’Ancien Testament, la Nuée, tantôt obscure, tantôt lumineuse, révèle le Dieu vivant et sauveur, en voilant la transcendance de sa Gloire : avec Moïse sur la montagne du Sinaï (cf. Ex 24, 15-18), à la Tente de Réunion (cf. Ex 33, 9-10) et durant la marche au désert (cf. Ex 40, 36-38 ; 1 Co 10, 1-2) ; avec Salomon lors de la dédicace du Temple (cf. 1 R 8, 10-12). Or ces figures sont accomplies par le Christ dans l’Esprit Saint. C’est Celui-ci qui vient sur la Vierge Marie et la prend “ sous son ombre ” pour qu’elle conçoive et enfante Jésus (Lc 1, 35). Sur la montagne de la Transfiguration, c’est lui qui “ survient dans la nuée qui prend sous son ombre ” Jésus, Moïse et Elie, Pierre, Jacques et Jean, et “ de la nuée sort une voix qui dit : ‘Celui-ci est mon Fils, mon Élu, écoutez-le’ ” (Lc 9, 34-35). C’est enfin la même Nuée qui “ dérobe Jésus aux yeux ” des disciples le jour de l’Ascension (Ac 1, 9) et qui le révélera Fils de l’homme dans sa Gloire au Jour de son Avènement (cf. Lc 21, 27).

    [6] est un symbole proche de celui de l’Onction. C’est en effet le Christ que “ Dieu a marqué de son sceau ” (Jn 6, 27) et c’est en lui que le Père nous marque aussi de son sceau (2 Co 1, 22 ; Ep 1, 13 ; 4, 30). Parce qu’elle indique l’effet indélébile de l’Onction de l’Esprit Saint dans les sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l’Ordre, l’image du sceau (sphragis) a été utilisée dans certaines traditions théologiques pour exprimer le “ caractère ” ineffaçable imprimé par ces trois sacrements qui ne peuvent être réitérés.

    [7] C’est en imposant les mains que Jésus guérit les malades (cf. Mc 6, 5 ; 8, 23) et bénit les petits enfants (cf. Mc 10, 16). En son nom, les apôtres feront de même (cf. Mc 16, 18 ; Ac 5, 12 ; 14, 3). Mieux encore, c’est par l’imposition des mains des apôtres que l’Esprit Saint est donné (cf. Ac 8, 17-19 ; 13, 3 ; 19, 6). L’Épître aux Hébreux met l’imposition des mains au nombre des “ articles fondamentaux ” de son enseignement (cf. He 6, 2). Ce signe de l’effusion toute-puissante de l’Esprit Saint, l’Église l’a gardé dans ses épiclèses sacramentelles.

    [8] “ C’est par le doigt de Dieu que [Jésus] expulse les démons ” (Lc 11, 20). Si la Loi de Dieu a été écrite sur des tables de pierre “ par le doigt de Dieu ” (Ex 31, 18), “ la lettre du Christ ”, remise aux soins des apôtres, “ est écrite avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs ” (2 Co 3, 3). L’hymne “ Veni, Creator Spiritus ” invoque l’Esprit Saint comme “ le doigt de la droite du Père ” (In Dominica Pentecostes, Hymnus ad I et II Vesperas). 

    [9] A la fin du déluge (dont le symbolisme concerne le Baptême), la colombe lâchée par Noé revient, un rameau tout frais d’olivier dans le bec, signe que la terre est de nouveau habitable (cf. Gn 8, 8-12). Quand le Christ remonte de l’eau de son baptême, l’Esprit Saint, sous forme d’une colombe, descend sur lui et y demeure (cf. Mt 3, 16 par.). L’Esprit descend et repose dans le cœur purifié des baptisés. Dans certaines églises, la sainte Réserve eucharistique est conservée dans un réceptacle métallique en forme de colombe (le columbarium) suspendu au-dessus de l’autel. Le symbole de la colombe pour suggérer l’Esprit Saint est traditionnel dans l’iconographie chrétienne.

    [10] Sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété et crainte. Ces 7 dons proviennent du Livre d’IsaIe (Is 11, 1-2). Dans le texte biblique original en hébreu, come dans la traduction française, il n'y a que 6 dons. Mais dans la traduction grecque de la Septante (iie siècle av. J.-C.), comme dans la traduction latine (ive siècle ap. J.-C.), les traducteurs ont utilisé deux mots différents pour traduire la crainte du Seigneur : piété (eusebeia) et crainte (phobou). Cf. CEC 712, qui cite Is 11, 1-2 : « Un rejeton sort de la souche de Jessé, un surgeon pousse de ses racines : sur lui repose l’Esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de crainte du Seigneur. »  

    [11] 736    C’est par cette puissance de l’Esprit que les enfants de Dieu peuvent porter du fruit. Celui qui nous a greffés sur la vraie Vigne, nous fera porter “ le fruit de l’Esprit qui est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi ” (Ga 5, 22-23). “ L’Esprit est notre Vie ” : plus nous renonçons à nous-mêmes (cf. Mt 16, 24-26), plus “ l’Esprit nous fait aussi agir ” (Ga 5, 25) :

    [12] Catéchisme de l’Eglise Catholique, §1082

    [13] Catéchisme de l’Eglise Catholique, § 1266

    [14] « Dieu très bon, Père de Jésus, le Christ, notre Seigneur,  regarde ces baptisés sur qui nous imposons les mains :  par le Baptême, tu les as libérés du péché, tu les as fait renaître de l’eau et de l’Esprit. Comme tu l’as promis, répands maintenant sur eux ton Esprit Saint ;  donne-leur en plénitude l’Esprit qui reposait sur ton Fils Jésus : esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et d’affection filiale ; remplis-les de l’esprit de la crainte de Dieu. Par le Christ, notre Seigneur. » 

    [15] Catéchisme de l’Eglise Catholique, §1303.

    [16] Rm 8,15.