• - Gaudete et exsultate

    Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse,

    exhortation apostolique Gaudete et exsultate du Pape FRANÇOIS

    sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel (19 mars 2018)

     

    Présentation par le Père Roland COURNE,

    prêtre accompagnateur du service de la catéchèse du diocèse de Laval 

     

    Cette exhortation apostolique, cette recommandation du pape François, pour aider les chrétiens dans leur vie de foi, est un appel à la SAINTETÉ. Le titre est tiré du texte des Béatitudes : Matthieu 5,12, où il est dit que ceux qui sont insultés ou persécutés et qui auront la force de tenir bon, vivront pour toujours près de Dieu et auront la joie d’entendre le Christ leur dire : « Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux » 

     

    Je voudrais signaler trois points d’insistance de ce beau texte. 

     

    1. La SAINTETÉ est pour tous, c’est le souhait du Christ, que tous nous soyons des saints. Le saint est une personne ordinaire qui s’engage dans sa famille, son travail. Le saint est une personne qui prie, qui lit la Parole de Dieu. La sainteté invite à ne pas dire du mal des autres, à être proche de ceux qui souffrent. Mettre toute sa confiance en Dieu, fait partie de la sainteté. Le pape n’a pas peur de tutoyer les personnes, pour les inviter à chercher chaque jour à vivre dans la sainteté : « Es-tu une consacrée ou un consacré ? Sois saint en vivant avec joie ton engagement. Es-tu marié ? Sois saint en aimant et en prenant soin de ton époux ou de ton épouse, comme le Christ l’a fait avec l’Église. Es-tu un travailleur ? Sois saint en accomplissant honnêtement et avec compétence ton travail au service de tes frères. Es-tu père, mère, grand-père ou grand-mère ? Sois saint en enseignant avec patience aux enfants à suivre Jésus. As-tu de l’autorité ? Sois saint en luttant pour le bien commun et en renonçant à tes intérêts personnels. » (n°14)


    2. Le pape François attire notre attention sur deux comportements qui s’opposent à la sainteté. Il fait allusion à deux hérésies qui ont marqué l’histoire de l’Eglise. Elles peuvent encore se rencontrer de nos jours : le gnosticisme et le pélagianisme. Le « gnostique », c’est la personne qui sait tout de la foi, c’est une personne orgueilleuse qui pense que ses idées représentent toujours la réalité. Le gnostique risque de croire que la science seule fait de nous des saints, alors que c’est la charité, la vie que nous menons jour après jour. Le « pélagien » fait confiance uniquement à ses propres forces, il se croit supérieur aux autres, car il observe certaines normes prescrites. Il oublie la grâce de Dieu qui progressivement peut nous transformer. Notre amitié avec Dieu, notre existence, sont des dons de Dieu. Nous sommes invités à coopérer par nos efforts à la grâce de Dieu qui est première et permanente en notre vie. 

     

    3. Ce qui doit guider celui qui veut marcher vers la SAINTETÉ, c’est l’attitude du Christ. Deux textes nous sont proposés comme boussole de notre vie : d’abord les Béatitudes dans l’Evangile de saint Matthieu au chapitre 5. Chaque béatitude est étudiée. Une phrase résume ensuite l’essentiel de ce qui a été dit : « Etre pauvre de cœur, c’est cela la sainteté… Savoir pleurer avec ceux qui pleurent, c’est cela la sainteté…. Regarder et agir avec miséricorde, c’est cela la sainteté »… Le pape attache une très grande importance au texte de saint Matthieu (chapitre 25), qui exprime la miséricorde que nous devons avoir à l’égard de celui qui a faim, qui est en prison, qui est étranger. 

     

    La marche vers la sainteté doit se vivre dans la joie, dans l’humour. Elle demande un discernement permanent. Il n’y a pas d’humilité sans humiliation. Il y a un combat à mener chaque jour contre sa propre fragilité, mais aussi contre le démon « un être personnel qui nous harcèle ». Le texte est facile à lire, il invite à progresser dans la vie chrétienne. Il fait comprendre cette phrase bien connue, qui est citée, de Léon Bloy : « Il n’y a qu’une tristesse, c’est de n’être pas des saints ».