• La fin de l'année liturgique

     Temps et fêtes liturgiques   

    La fin de l'année liturgique

    Avec la fête du Christ Roi de l’univers, arrive la fin de l’année liturgique. Notre attente du retour du Christ à la fin des temps doit donc se faire plus ardente et plus vigoureuse. Avec l’Apocalypse de saint Jean, nous sommes invités à la conversion… Est-ce que vraiment nous attendons son retour ? Est-ce que nous y croyons ?… Comment cette attente prend-elle place dans la foi qui nous anime ? 

    A bien des égards, comme le disait le cardinal RATZINGER en 2000, la foi chrétienne est un art vivre. Mais cet art de vivre — pour rester un art — ne doit jamais se couper de sa source vivante. Notre longue attente du retour du Christ à la fin des temps ne doit pas émousser notre ferveur mais au contraire la rendre plus intense, simultanément dans deux directions : l’attachement à la personne de Jésus en qui nous sommes enfants bien-aimés du Père et en même temps le service de nos frères au cœur du monde où Jésus lui-même nous a rejoints et reviendra à la fin des temps…

    Question : Saurons-nous le reconnaître quand il viendra ? C’est tout l’enjeu de Mt 25 : « Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ? » Si on avait su que c’était Toi, on l’aurait fait ! Et voilà que Jésus n’a pas été reconnu sous les traits du pauvre, du malade ou de l’étranger… Alors comment pourra-t-il l’être à coup sûr quand il viendra à la fin des temps ?

    Nous nous rappelons tout ce que sainte Elisabeth de Hongrie a fait pour les pauvres et comment, entre 20 et 24 ans, après la mort de son époux, elle a consumé sa vie en 4 petites années en se donnant tout entière au service des plus déshérités. Dans la liturgie des heures, le refrain de la prière d’intercession du commun des saintes dit simplement : « Viens, Seigneur, Jésus ! » Un chrétien peu averti aurait peut-être dit : « Mais ce n’est pas une invocation d’intercession ni de demande : “Viens, Seigneur, Jésus !” » !… Eh bien si ! au contraire !… Nous ne demandons pas quelque chose, nous attendons simplement la présence de quelqu’un… Comme à la fin de l’Apocalypse…

    La tonalité de notre attente et de notre conversion en cette fin d’année liturgique n’est ni celle du Carême, ni même celle de l’Avent… Elle prend en quelque sorte la couleur du chemin déjà long parcouru par les Eglises du Seigneur au long des siècles et par toute la terre… 

    Dans l’Apocalypse, saint Jean s’adresse ainsi aux sept Eglises qui sont en Asie mineure… Et sans doute dans les encouragements et les reproches qu’il leur adresse pourrons-nous retrouver des tentations et des péchés qui nous guettent personnellement et qui guettent aussi les communautés auxquelles nous appartenons. Pour exorciser ces mauvais esprits, saint Jean fait appel à notre mémoire des bienfaits de Dieu, à ce qui nous a mis en route à la suite de Jésus… Cette mémoire des bienfaits de Dieu est alors le meilleur moyen de nous ouvrir à nouveau aux premiers pas que la miséricorde a déjà faits jusqu’à nous : « Nous avons reconnu l’amour de Dieu et nous y avons cru… »

    Peut-être ensuite ton amour s’est-il affadi, émoussé, ou bien encore travesti ou dévoyé sur des chemins sans issue, où tu es allé vers le chagrin sans savoir que tu t’égarais… Et voilà que la venue imminente du Christ à la fin de temps rend urgente ta conversion aujourd’hui… Oseras-tu crier ta détresse et ta confiance vers Jésus, comme l’aveugle de Jéricho ? Ou bien seras-tu si bien installé dans ton art de vivre, marchant en tête de peloton, comme dans l’Evangile, que tu voudras faire taire celui qui appelle Jésus et qui remet ainsi en cause ta tranquillité ?

    L’adresse de Jean à l’Eglise d’Ephèse revêt alors une gravité nouvelle : « Tu ne manques pas de persévérance, car tu as beaucoup supporté pour mon nom, sans jamais te lasser. Mais j’ai contre toi que tu as perdu ton amour des premiers temps. Rappelle-toi donc d’où tu es tombé, convertis-toi, reviens à ta conduite première » !