• La porte de la Foi

     La Nouvelle Evangélisation 

    Porta Fidei, la Porte de la Foi 

    Lecture spirituelle au séminaire Saint-Jean, 9 janvier 2012

       Le 11 octobre prochain, nous fêterons le 50ème Anniversaire de l’ouverture du Concile et le 20ème anniversaire de la publication du Catéchisme de l’Eglise Catholique. Et c’est à cette date du 11 octobre que débutera l’année la foi lancée par le Pape Benoît XVI, dans sa lettre apostolique Porta Fidei. Et jusqu’à la fête du Christ Roi, le 24 novembre 2013, nous serons dans l’année de la foi. Paul VI lui aussi avait initié le 30 juin 1967 une année de la foi, qui s’est conclue par la célèbre Profession de Foi du Peuple de Dieu, que Paul VI a prononcée lors de l’homélie de célébration du XIXème centenaire du martyre des saints Apôtres Pierre et Paul, le 30 juin 1968. Le Pape a aussi choisi cet anniversaire pour le synode sur la Nouvelle Evangélisation, dont le thème sera : « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. » Ce synode se tiendra à Rome du 7 au 28 octobre 2012…

       Dimanche prochain, 15 janvier, c’est la journée mondiale du Migrant et du réfugié. Et le thème choisi, une fois encore, c’est : Les migrants et la nouvelle évangélisation. Autant dire combien dans les mois qui viennent nous sommes invités à entrer dans l’intelligence de ce que nous propose le Saint-Père. Je crois que La Lettre apostolique Porta Fidei peut nous aider et je vous en partage rapidement le fruit de ma lecture.

       Porta Fidei — la porte de la foi — c’est une référence aux Actes des Apôtres… Au chapitre XIV, Paul et Barnabé reviennent en bateau jusqu'à Antioche de Syrie, d'où ils étaient partis en mission ;  et à leur arrivée, ils racontent aux membres de l’Eglise tout ce que Dieu a fait avec eux, et comment il a ouvert aux nations païennes « la porte de la foi. »[1] Benoît XVI rappelle que cette porte aujourd’hui nous est toujours ouverte. « Il est possible de franchir ce seuil quand la Parole de Dieu est annoncée et que le cœur se laisse modeler par la grâce qui transforme. »

       Nous retrouvons ici des accents chers à Benoît XVI : au-delà des difficultés que nous traversons ou que traversent nos contemporains, il s’agit de « redécouvrir la joie de croire » et de « retrouver l’enthousiasme de communiquer la foi. » Et Benoît XVI évoque la Samaritaine… Comme elle, « l’homme d’aujourd’hui peut aussi sentir de nouveau le besoin de se rendre au puits pour écouter Jésus qui invite à croire en lui et à puiser à sa source, jaillissante d’eau vive. »[2]

       Le renouveau de l’Église passe ainsi  à travers le témoignage offert par la vie des croyants. Et le pape nous rappelle qu’ « il existe une unité profonde entre l’acte par lequel on croit et les contenus auxquels nous donnons notre assentiment. » Il fait référence à la tradition antique de la traditio et la redditio symboli, de la tradition et de la remise du symbole des apôtres, du Credo, quand le catéchumène était invité à redire par cœur — avec le cœur — la foi de l’Eglise.

       Et le Pape fait l’éloge de la foi, un peu comme dans le chapitre 11 de l’épître aux Hébreux, où l’auteur énumère tout ce que la foi a fait dans le cœur des grands croyants de l’Ancien Testament. Il ne mentionne pas Abel, Hénok, Noé, Abraham ou Sara…  mais la Vierge Marie, les Apôtres, les disciples, les personnes consacrées, et nous-mêmes, à qui il écrit. Et il nous rappelle « qu’il sera décisif au cours de cette Année de parcourir de nouveau l’histoire de notre foi, […] avec le mystère insondable de l’entrelacement entre sainteté et péché. » 

       Au cœur de cette année de la foi, invitation est faite à entrer profondément dans le Catéchisme de l’Église catholique qui présente le développement de la foi jusqu’à, dit-il, « toucher les grands thèmes de la vie quotidienne. » Car l’Année de la foi sera aussi une occasion propice pour intensifier le témoignage de la charité, jusque dans la vie quotidienne. « La foi sans la charité, dit le Pape, ne porte pas de fruit et la charité sans la foi serait un sentiment à la merci constante du doute. » 

       Au seuil de cette année qui nous mène en France vers Diakonia 2013, nous pouvons nous réjouir déjà de ce qui nous est proposé. Dans notre vie, il y a et il y aura des combats, des difficultés, des pardons à donner et à recevoir, mais nous savons que le Seigneur est avec nous. 

       Et il le sera — j’en suis sûr — le jour des portes ouvertes du Séminaire Saint-Jean, le 5 mai 2012. C’est bien, au cœur de cette série d’anniversaires, d’ouvrir ainsi les portes de notre maison de formation pour témoigner simplement de la joie et la liberté chrétiennes qui nous habitent. Une joie et une liberté qui nous conduisent à nous mettre ensemble pour discerner la volonté de Dieu sur nous et nous mettre à l’école de la foi de l’Eglise. Que la porte de la foi, en nous, soit toujours ouverte pour accueillir le Seigneur et pour accueillir aussi ceux qui, à travers nous, très simplement, pourront le rencontrer. Bonne année à tous et à chacun de vous !…


    [1] Ac 14, 27

    [2] cf. Jn 4, 14

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Luc MEYER