• Le Bon Larron, canonisé par Jésus lui-même

     Autres figures de sainteté 

    Le Bon Larron,

    canonisé par Jésus-lui-même

     

    Le Père Eugène BASILLAIS, 85 ans, prêtre du diocèse de Laval, nous a quittés subitement le mardi saint 2012. Le 17 janvier 1991, en l'anniversaire de l'Apparition de la Vierge Marie à Pontmain, il avait laissé quelques indications écrites pour sa messe de sépulture, dont cette belle réflexion sur le Bon Larron.

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    Comme Evangile, suggérait-il, pourquoi pas Luc 23 ? C’est l’Evangile du bon larron, premier saint canonisé sous l’Eglise indivise, et canonisé par Jésus lui-même ! 

    J’ai toujours aimé le bon larron, modèle de l’humilité parmi les saints. On ne se sent pas écrasé devant lui par l’héroïcité de ses vertus ! On ne sait rien de sa vie, sinon qu’il n’a pas vécu « comme un saint » et qu’on n’oserait jamais le donner comme exemple aux jeunes… ni aux moins jeunes ! Il n’a pas sa fête au calendrier (et pourtant on connaît le jour de sa mort, le vendredi saint). Son nom n’est pas donné comme prénom de baptême. Au fait, comment s’appelait-il ? Aucune prière liturgique ne s’adresse à lui. Dans les gros volumes de la « VIE DES SAINTS », pas une ligne ne lui est consacrée. Aucun sanctuaire ne lui est dédié, ni aucun pèlerinage… ni aucune médaille. On ne raconte pas de légendes édifiantes à son sujet.

    Et pourtant on est bien sûr qu’il a existé et qu’il est dans le Paradis : c’est l’Evangile qui l’affirme (Lc 23, 43) Ce modèle de sainteté m’a toujours attiré. Quand le Seigneur me citera à comparaître devant lui, ma prière sera celle du bon larron. « Seigneur, pardon ! Je ne suis pas fier de moi. Je sais que je ne vaux rien, mais je vous ai bien aimé tout de même. » Comme je voudrais qu’il me réponde ce qu’il a répondu au bon larron !

    Et dès maintenant je demande au Seigneur qu’il me donne la force de ne pas attendre le dernier jour de ma vie pour me tourner vers lui et lui adresser ma prière. C’est chaque jour qu’il faut m’efforcer de devenir un peu moins « larron » et un peu plus « bon ».