• Présentation de GS

     Colloque sur Gaudium et Spes 


    Présentation de la Constitution Pastorale

    Gaudium et Spes

    Le Mans, jeudi 26 janvier 2012

    Introduction : Gaudium et Spes et l’« esprit du Concile ».

    On m’a demandé de vous présenter en 50 minutes la constitution pastorale Gaudium et SpesEt je compte sur votre indulgence !… Les plus anciens d’entre vous ont vécu en direct les débats qui ont préparé, accompagné, et accueilli Gaudium et Spes… Mais certains n’ont peut-être pas lu ou relu ce texte depuis quelques années… Au début de ces deux jours, quelle que soit notre connaissance du Concile Vatican II, il est bon de nous mettre ou de nous remettre dans le bain… … Le bain ecclésial qui a porté et continue de porter les intuitions de cette constitution. Mais nous en avons déjà une petite idée, puisqu’elle a souvent été reçue comme le symbole de la réforme du Concile Vatican II et de l’aggiornamento de l’Eglise catholique à cette occasion.

    Beaucoup d’entre vous se rappellent sans doute que le 26 juin 1988, Mgr GILSON, en publiant les lois Synodales de votre diocèse, disait qu’elles « s’inscrivent pour les temps qui sont les nôtres sous l’éclairage de l’Enseignement du Concile Vatican II ». Et page 6 de ces Lois synodales, dès le chapitre II, on parle de « l’esprit du Concile », et l’on cite alors un seul texte : Gaudium et Spes.

    Pourquoi, comment, jusqu’où cette constitution si importante nous permet-elle de vivre de l’esprit du Concile ?… Ce colloque nous permettra sans doute d’opérer un discernement des esprits sur l’esprit même du Concile, ou du moins ce que nous en avons perçu, nous chrétiens, catholiques, avec notre carte d’identité de concitoyens des cieux, mais aussi nous, hommes et femmes de la société française du 21ème siècle…

    Et peut-être pourrons-nous répondre à la question du colloque [que Christophe PICHON vient de rappeler :] « Comment dans la dynamique de Gaudium et Spesl’Eglise, convaincue de la très haute vocation de tout homme, peut-elle collaborer toujours davantage à une fraternité universelle ? » Pour introduire la parole des intervenants qui vont me suivre, il me faut répondre à trois exigences :

    1/ tout d’abord vous présenter la genèse de ce texte : le contexte et les intuitions qui l’ont porté… sa situation singulière aussi parmi les différents textes conciliaires.

    2/ ensuite vous présenter le texte lui-même : sa composition, son plan, la logique de son architecture, son geste à la fois théologique et pastoral, ses grands accents et les liens qu’il entretient avec les autres textes conciliaires…

    3/ enfin — et je me sens tout petit —vous parler de la façon dont il a été reçu et des questions qu’il a posées et nous pose encore à nous « les hommes et les femmes de ce temps »… de 2012qui n’est plus tout à fait le temps de 1965…

    Une remarque enfin avant de commencer : un prophète n’est pas quelqu’un qui prédit l’avenir, mais, selon l’étymologie grecque, quelqu’un qui porte la parole « en avant. »   Je crois que Gaudium et Spes est un texte prophétique en ce sens précis Les équilibres stables ou instables qu’il reflète et qui le caractérisent vont nous rejoindre aujourd’hui, dans les fragilités et les forces qui sont les nôtres.

    Et s’il est vrai que la Tradition n’est pas d’abord un contenu, mais un acte dynamique de transmission, S’il est vrai que l’Eglise est un corps organique et sacramentel, « le corps du Christ vivifié par l’Esprit, appelé par le Père et envoyé dans le monde »[1]alors je crois que l’auteur de la Lettre à Diognète se reconnaîtrait sans difficulté dans l’immense travail accompli par Gaudium et Spes et dans le travail également important qui, pendant ces deux jours, s’ouvre à nous et dans les temps qui viennent, au diocèse du Mans. Gaudium et Spes aurait pu s’appeler Lettre à Diognète 1965 ou encore, avec l’herméneutique qui convient, Lettre à Diognète 2012


    I. La genèse et le statut particulier de Gaudium et Spes.

    1. Le contexte et les intuitions qui ont porté le texte et sa rédaction…

    Pour mieux saisir le sens et la portée de la constitution Gaudium et Spes, il peut être bon de la resituer rapidement dans son contexte. 

    a. Les redécouvertes du 19ème siècle et de la première moitié du 20ème siècle.

    Au 19ème siècle, rappelons-nous, c’est la redécouverte des Pères de l’Eglise. On peut penser, en France, au travail considérable de Jacques-Paul Migne, mais aussi, au-delà du Rhin, aux « théologiens de l’Ecole de Tübingen [qui,] redécouvrant les Pères grecs, avaient promu l’Eglise comme un corps vivifié de charismes différenciés, tandis que Newman [de son côté] faisait admettre l’historicité de l’Eglise et de ses dogmes. »[2]

    Tout cela va jouer dans l’ecclésiologie de Vatican II et tout particulièrement quand il s’agira de penser l’Eglise dans le monde de ce temps. Il faut aussi mentionner tout ce que l’Eglise a commencé à vivre au début du 20ème siècle, quand la participation des fidèles dans la liturgie a été encouragée et qu’on a pu accéder aux textes de la messe dans la langue vernaculaire.

    b. Le drame de l’humanisme athée[3]

     Notons aussi ce qui se passe en 1944. Henri de LUBAC publie Le Drame de l’humanisme athée. C’est sans doute, quelque 20 ans avant le Concile, une dénonciation prophétique. Paul VI, au terme du Concile, reviendra sur ce contexte d’humanisme athée : La tâche du Concile s’est réalisée, dit-il, « dans un temps que tous reconnaissent comme orienté vers la conquête du royaume terrestre plutôt que vers le Royaume des cieux, un temps où l’oubli de Dieu devient courant et semble, à tort, suggéré par le progrès scientifique, un temps où la personne humaine, qui a pris davantage conscience d’elle-même et de sa liberté, tend essentiellement à s’affirmer dans une autonomie absolue et à s’affranchir de toute loi qui la dépasse. […] La religion du Dieu qui s’est fait homme s’est rencontrée avec la religion (car c’en est une) de l’homme qui se fait Dieu. »[4] 

    c. La guerre froide, dans un monde coupé en deux.

    Du point de vue socio-politique, c’est dans le contexte de la guerre froide que le texte a été pensé et élaboré. La justice et la paix sont bien au cœur des préoccupations. La seconde guerre mondiale est terminée depuis 20 ans… Le monde est coupé en deux blocs. L’affaire des missiles de Cuba est récente et la peur d’un conflit nucléaire est présente. « La référence à l’angoisse de la justice, qui ne cesse de jeter l’homme dans l’action », peut alors « faire médiation entre les croyants et les non-croyants. » […] Le Concile sollicite « l’angoisse pour qu’elle devienne, en toute personne sensible à la détresse d’autrui, le tremplin d’un engagement social pour la justice. »[5]

    2. Le geste de parole et d’adresse réalisé.

    Avec le Concile, et tout particulièrement avec Gaudium et Spes, l’Eglise a pris la parole. Quel geste a-t-elle réalisé ? A qui s’est-elle adressée ?

    a. Une volonté de dialogue avec le monde de ce temps.

    L’avant-propos de la constitution, qui couvre les 3 premiers numéros, est resté gravé dans les mémoires, notamment le 1er paragraphe, qui donne la tonalité : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur. Leur communauté, en effet, s’édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l’Esprit-Saint dans leur marche vers le royaume du Père, et porteurs d’un message de salut qu’il faut proposer à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire. » (GS 1)

    L’exposé préliminaire, qui considère « la condition humaine dans le monde d’aujourd’hui », témoigne de la volonté du Concile d’entrer réellement en dialogue avec les hommes. Il veut les rencontrer « dans leurs aspirations et les risques qu’ils vivent dans la société actuelle. […] L’actuelle image du monde n’est pas critiquée, mais reconnue avec sérieux jusque dans l’explication de la crise de la religion. »[6]. L’Eglise ne dit pas seulement aux hommes quelles sont leurs questions et comment y répondre. Elle les fait siennes.

    Philippe BORDEYNE, dans un article récent, remarque que « le “dialogue” (GS 3,1) à instaurer avec tous les hommes devient “dialogue de salut”, selon la belle expression de Paul VI. »[7]

    b. Un jeu d’adresse…

    Quels sont les destinataires de la constitution, à qui donc pensent les rédacteurs quand ils écrivent ?… On peut dire qu’il y a ici un jeu d’adresse, aux deux sens du terme.

    En 1961, l’encyclique Mater et Magistra[8] de Jean XXIII était encore adressée « aux Vénérables Frères, Patriarches, Primats, Archevêques, Evêques et autres ordinaires, en paix et communion avec le Siège Apostolique, à tout le Clergé et aux fidèles du monde entier », mais à partir de Pacem in terris[9] en 1963, l’adresse change. Jean XXIII, puis Paul VI dans Ecclesiam suam[10] en 1964, adressent également leur lettre encyclique « à tous les hommes de bonne volonté ».

    Au numéro 47 de Gaudium et Spes, au début de la deuxième Partie, dans le chapitre 1, consacré à « la dignité du mariage et de la famille », les Pères conciliaires reprennent le même esprit : « Le Concile, disent-ils, en mettant en meilleure lumière certains points de la doctrine de l’Eglise, se propose d’éclairer et d’encourager les chrétiens, ainsi que tous ceux qui s’efforcent de sauvegarder et de promouvoir la dignité originelle et la valeur privilégiée et sacrée de l’état de mariage. »

    Plus largement encore, dans les autres chapitres, les chercheurs et les savants, les économistes et les hommes d’Etat peuvent trouver une vision de l’Eglise sur la civilisation et la place de l’homme dans le monde de ce temps. Que ce soit dans l’économie, la science ou la technique, le primat de l’homme est nettement affirmé. Et pour ce qui concerne la vie économique et sociale, Gaudium et Spes s’inscrit dans la ligne des encycliques sociales de Léon XIII à Jean XXIII.

    En 1966, Mgr VILNET, en présentant la genèse de ce texte, a souligné la richesse et aussi la difficulté de ce geste : les premiers débats, écrit-il, « eurent lieu du 20 octobre au 10 novembre 1964. Ils firent ressortir le but poursuivi par un tel document, non sans quelque hésitation, qui pèsera jusqu’au bout sur le contenu, le style, disons le “genre littéraire” de ce texte. Parler au monde de ses problèmes tels que les voit l’Eglise ? ou parler à l’Eglise des problèmes que porte en son sein le monde d’aujourd’hui ? Entrer en dialogue avec les hommes de partout ou parler de tous les hommes à leurs frères baptisés ? »[11]

    Il y a là un jeu d’adresse qui était délicat à l’époque et qui le demeure aujourd’hui encore, notamment dans la réception et l’interprétation du texte. A certains moments, le texte se situe de plain-pied avec le langage et les soucis des hommes de ce temps. A d’autres, il est clair que sa réception et sa juste compréhension requièrent une adhésion de foi à la tradition de l’Eglise.

    c. Un regard d’espérance sur le monde, sans compromission.

    Quel est donc, dans ces conditions, le regard porté sur le monde par la constitution ? Eh bien ! Dans la droite ligne de ce que souhaitait le Pape Jean XXIII, c’est un regard d’espérance et de bienveillance. En même temps, c’est aussi un regard sans compromission. Le geste profond de charité ne sacrifie nullement la vérité.

    Le 11 octobre 1962, lors de l’ouverture solennelle du Concile, Jean XXIII a prononcé un discours, à l’issue de la cérémonie. L’orientation pastorale était claire : « Il Nous semble nécessaire, disait-il, de dire Notre complet désaccord avec ces prophètes de malheur, qui annoncent toujours des catastrophes, comme si le monde était près de sa fin. Dans le cours actuel des événements, alors que la société humaine semble à un tournant, il vaut mieux reconnaître les desseins mystérieux de la Providence divine qui, à travers la succession des temps et les travaux des hommes, la plupart du temps contre toute attente, atteignent leur fin et disposent tout avec sagesse pour le bien de l’Eglise, même les événements contraires. 
 »[12]

    Gaudium et Spes considère donc le monde dans ses équilibres, sans compromission. C’est le monde de l’homme. Un monde à la fois reçu par l’homme mais aussi construit et guidé par lui. Les questions que suscite le monde sont aussi des questions que l’homme porte sur lui-même et qui le renvoient à ses propres désirs, à ses joies et ses angoisses, mais aussi à sa responsabilité.

    Au n°9, je lis : « Le monde moderne apparaît à la fois comme puissant et faible, capable du meilleur et du pire, et le chemin s’ouvre devant lui de la liberté ou de la servitude, du progrès ou de la régression, de la fraternité ou de la haine. D’autre part, l’homme prend conscience que de lui dépend la bonne orientation des forces qu’il a mises en mouvement et qui peuvent l’écraser ou le servir. C’est pourquoi il s’interroge lui-même. »

    Paul VI, à la veille de la clôture du Concile, le 7 décembre 1965, s’est interrogé sur la valeur religieuse d’un Concile, qui s’est occupé principalement de l’homme : « Qu’est-il arrivé ? dit-il. Un choc, une lutte, un anathème ? Cela pouvait arriver ; mais cela n’a pas eu lieu. La vieille histoire du bon Samaritain a été le modèle et la règle de la spiritualité du Concile. Une sympathie sans bornes pour les hommes l’a envahi tout entier. La découverte et l’étude des besoins humains (et ils sont d’autant plus grands que le fils de la terre se fait plus grand), a absorbé l’attention de notre Synode. […] Reconnaissez-lui au moins ce mérite, vous, humanistes modernes, qui renoncez à la transcendance des choses suprêmes, et sachez reconnaître notre nouvel humanisme : nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l’homme. »[13]

    A plusieurs reprises, des erreurs sont fermement dénoncées. Mais « au lieu de jeter aux autres des anathèmes, l’Eglise répond par sa propre révision de vie »[14]. Les erreurs de l’athéisme sont dénoncées au numéro 21, où se trouve la note 16 qui rappelle, entre autres, l’encyclique Divini Redemptoris de Pie XI sur le communisme athée[15]. Les numéros 27 et 29 se font encore plus sévères envers les fléaux de notre époque, dénonçant tout ce qui porte atteinte au respect de la personne humaine : « Tout ce qui s’oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d’homicide, le génocide, l’avortement, l’euthanasie et même le suicide délibéré […] ; les mutilations, la torture physique ou morale, les contraintes psychologiques ; tout ce qui est offense à la dignité de l’homme, comme les conditions de vie sous-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l’esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes ; ou encore les conditions de travail dégradantes […] toutes ces pratiques et d’autres analogues sont, en vérité, infâmes. » (GS 27)

    Et plus loin : « Toute forme de discrimination touchant les droits fondamentaux de la personne […] doit être dépassée et éliminée, comme contraire au dessein de Dieu. » (GS 29)

    Le §51, portant sur l’amour conjugal et le respect de la vie humaine demeure célèbre par la force de sa formulation sans détour : « La vie doit […] être sauvegardée avec un soin extrême dès la conception : l’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables. »

    Gaudium et Spes : un regard d’espérance sur le monde, mais sans compromission.

    3. La situation singulière de la constitution parmi les différents textes conciliaires.

    Par les sujets abordés et la façon dont elle les aborde, cette constitution, occupe une situation singulière parmi les 15 autres textes conciliaires. Vous savez que les 16 textes du Concile Vatican II n’ont pas tous la même autorité. On distingue les constitutions, qui ont la plus grande autorité, les décrets puis les simples déclarations. 

    a. Le statut du texte : une question au moment de son élaboration.

    Le statut du texte a posé question au moment de son élaboration. Certains Pères conciliaires ont souhaité que soit changé le titre de constitution pastorale. Plusieurs proposaient de l’intituler déclaration ou simplement lettre. Mais aucune majorité ne s’est dégagée si bien que le statut de constitution pastorale est resté, non sans poser question.

    Il est vrai, nous allons le voir, que Gaudium et Spes aborde des sujets très variés et très concrets, situés également dans une époque. Le schéma XIII, ainsi appelé pendant la fin des travaux, portait le titre : « l’Eglise dans le monde moderne. » Et Jean DANIELOU, après la 3ème session du Concile, écrivait : ce n’est « ni un schéma missionnaire ni un schéma apologétique », « pas non plus un schéma philosophique, où l’on s’efforcerait de faire la philosophie du monde moderne, une philosophie moderne du monde moderne. Ce n’est pas davantage un manifeste de théologie nouvelle, une présentation moderne du message chrétien. Alors de quoi s’agit-il ? d’un sujet extrêmement précis : de la participation que les chrétiens doivent prendre à la construction de la civilisation temporelle et de ce que le monde d’aujourd’hui est en droit d’attendre de l’Eglise dans les problèmes graves qui l’angoissent. »[16]

    Puisque le statut de constitution est resté, nous devons situer organiquement Gaudium et Spes au même niveau que Dei Verbum — la constitution dogmatique sur la Révélation divine, Lumen Gentium — la constitution dogmatique sur l’Eglise, et Sacrosanctum Concilium — la constitution sur la sainte liturgie.

    Gaudium et Spes, tout d’abord, peut penser la vocation humaine dans le monde de ce temps parce qu’il y a une source : la Parole de Dieu, qui s’est révélée.

    Gaudium et Spes, ensuite, peut penser les signes des temps et porter sur le monde un regard d’espérance parce qu’elle sait comment le Christ, tête de l’Eglise et Sauveur, est présent dans le monde et agit dans l’Eglise, au cœur du monde, à travers le mystère pascal, vécu par la liturgie.

    Gaudium et Spes, enfin, peut penser l’Eglise dans le monde de ce temps parce que l’Eglise a pu revenir sur la mission de salut qui lui est confiée et ainsi se redéfinir elle-même.

    Le salut dont il est question n’est bien sûr aucunement différent de celui du 4ème Concile du Latran en 1215 ni de celui de Chalcédoine en 451 ni encore de celui du Concile de Trente : c’est le salut en Jésus-Christ, le même, hier aujourd’hui et demain. Mais c’est le salut de l’homme d’aujourd’hui, dans un monde en mutation… Et l’accent va porter sur les conditions et les modalités concrètes, historiques et sociales, de cet unique salut. Le mystère de l’Eglise se trouve ainsi explicité, déployé jusque dans des orientations très concrètes de son action pastorale, en fidélité à sa mission.

    Une note explicative est proposée juste après le titre et dit ceci : « La constitution pastorale L’Eglise dans le monde de ce temps, si elle comprend deux parties, constitue cependant un tout. On l’appelle constitution "pastorale" parce que s’appuyant sur des principes doctrinaux, elle entend exprimer les rapports de l’Eglise et du monde, de l’Eglise et des hommes d’aujourd’hui. » 

    b. Le statut du texte : une question toujours d’actualité.

    Le statut de cette constitution est toujours d’actualité. Il arrive parfois qu’on dédaigne ce texte comme n’étant pas de la dogmatique « dure » et donc n’étant pas digne d’être traité à l’égal des trois autres constitutions du Concile. Mais là encore, il faut revenir à l’esprit qui gouverne le geste d’adresse. Et cet esprit est gouverné par une théologie solide qui, à cause de sa solidité, peut se risquer à penser le salut, l’Eglise et la vocation humaine dans les conditions d’aujourd’hui.

    Peut-être le titre de la constitution a-t-il favorisé cette mauvaise compréhension. Il y aurait une théologie dogmatique « dure » sur l’Eglise, avec Lumen Gentium, et puis un geste pastoral qui n’aurait plus grand chose de théologique, avec cette constitution pastorale sur l’Eglise.

    Dans un article remarquable, Christoph THOBALD notait, il y a tout juste un an, que dans la réception du texte, « faute d’avoir montré que le Concile n’a pas une position unifiée, les discussions sont souvent restées tributaires de fausses alternatives, les uns défendant l’aggiornamento, les autres se faisant gardiens de la différence chrétienne. »[17]

    J’ose conclure : le statut du texte est maintenant pour nous une donnée objective. A nous sans doute de le recevoir comme tel et de travailler selon l’esprit à la fois vigoureux et rigoureux dans lequel il a été écrit.

    II. Le contenu de cette Constitution pastorale.

    1. La composition et la logique architecturale : un geste à la fois théologique et pastoral.

    Nous avons déjà parlé un peu du texte. L’heure est peut-être venue de considérer sa composition et la logique de son architecture. 

    a. Deux parties bien distinctes, mais dans une visée cohérente.

    Après l’Exposé préliminaire sur la condition humaine dans le monde d’aujourd’hui, il y a deux parties bien distinctes : une première partie sur L’Église et la vocation humaine et une deuxième partie qui se penche sur quelques problèmes plus urgents. Les lumières obtenues dans la première partie viennent en quelque sorte éclairer les problèmes abordés dans la seconde.

    La note initiale précise que « l’intention pastorale n’est pas absente de la 1ère partie, ni l’intention doctrinale de la seconde ». Mais comme on voulait parler en même temps aux chrétiens et aux non chrétiens, on pouvait difficilement procéder autrement.

    b. La vocation humaine : une vie sociale, dans le Christ.

    La première partie rappelle avec force que l’homme est créé à l’image de Dieu. Il a beau être blessé par le péché, sa dignité demeure, et il faut la lui révéler. Sa conscience morale, sa liberté en sont autant d’illustrations. C’est du Christ, vrai homme et vrai Dieu, que l’on peut dériver une anthropologie sur laquelle s’appuyer. La vocation humaine trouve son sens dans le Christ et c’est dans l’Eglise que nous pouvons trouver l’authentique révélation du visage du Christ.

    Le magnifique numéro 22, intitulé Le Christ, homme nouveau, déploie ces intuitions : « En réalité, est-il dit, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné. Adam, en effet, le premier homme, était la figure de celui qui devait venir, le Christ Seigneur. Nouvel Adam, le Christ, dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation. »

    Aussitôt, il faut aussi poser le caractère fondamentalement social de l’homme et de la foi chrétienne. « La vie sociale n’est pas surajoutée à l’homme mais tient à sa constitution même. […] Le Concile affirme nettement la valeur naturelle et la signification spirituelle de la communauté humaine. » Et Mgr VILNET souligne que « le meilleur apport du personnalisme est intégré dans cette réflexion qui se développe au plan de l’analyse naturelle et dans la perspective surnaturelle. »[18]

    2. Trois grands accents.

    Il est évidemment difficile de donner en si peu de temps la substantifique moelle de ce texte, mais il me semble qu’on peut au moins en relever trois accents. 

    a. Le Christ, homme parfait, terme de l’histoire, alpha et oméga.

    Tout d’abord, le numéro 41, faisant écho au numéro 22 et à bien d’autres passages du texte, centre nos regards sur le Christ et représente un point d’insistance de l’ensemble de la constitution : « L’homme voudra toujours connaître, ne serait-ce que confusément, la signification de sa vie, de ses activités et de sa mort. Ces problèmes, la présence même de l’Eglise les lui rappelle. Or Dieu seul, qui a créé l’homme à son image et l’a racheté du péché, peut répondre à ces questions en plénitude. Il le fait par la révélation dans son Fils, qui s’est fait homme. Quiconque suit le Christ, homme parfait, devient lui-même plus homme. » Et plus loin, au numéro 45 : « Le Seigneur est le terme de l’histoire humaine, le point vers lequel convergent les désirs de l’histoire et de la civilisation, le centre du genre humain, la joie de tous les coeurs et la plénitude de leurs aspirations. » 

    b. Se tourner résolument vers l’homme, sans tomber dans l’anthropocentrisme.

    Deuxièmement, Gaudium et Spes se tourne résolument vers l’homme, sans tomber dans l’anthropocentrisme. Le Pape Paul VI a défendu vigoureusement le Concile sur ce point : y a-t-il eu dérive de l’Eglise en Concile « vers les positions anthropocentriques prises par la culture moderne ? […] Non, répond-il, l’Eglise n’a pas dévié, mais elle s’est tournée vers l’homme[19] « Si nous nous rappelons qu’à travers le visage de tout homme - spécialement lorsque les larmes et les souffrances l’ont rendu plus transparent - Nous pouvons et devons reconnaître le visage du Christ[20], le Fils de l’homme, et si sur le visage du Christ nous pouvons et devons reconnaître le visage du Père céleste : « Qui me voit, dit Jésus, voit aussi le Père»[21], notre humanisme devient christianisme, et notre christianisme se fait théocentrique, si bien que nous pouvons également affirmer : pour connaître Dieu, il faut connaître l’homme. »[22]

    c. Recherche d’une juste articulation entre cité céleste et cité terrestre.

    Troisièmement, l’ensemble du texte est un effort considérable pour trouver une juste articulation entre cité céleste et cité terrestre. On peut mentionner le célèbre numéro 36 : « Si, par autonomie des réalités terrestres, on veut dire que les choses créées et les sociétés elles-mêmes ont leurs lois et leurs valeurs propres, que l’homme doit peu à peu apprendre à connaître, à utiliser et à organiser, une telle exigence d’autonomie est pleinement légitime : non seulement elle est revendiquée par les hommes de notre temps, mais elle correspond à la volonté du Créateur. […] Mais si, par “autonomie du temporel”, on veut dire que les choses créées ne dépendent pas de Dieu et que l’homme peut en disposer sans référence au Créateur, la fausseté de tels propos ne peut échapper à quiconque reconnaît Dieu. En effet, la créature sans Créateur s’évanouit. Du reste, tous les croyants, à quelque religion qu’ils appartiennent, ont toujours entendu la voix de Dieu et sa manifestation, dans le langage des créatures. Et même, l’oubli de Dieu rend opaque la créature elle-même. »

    Cette insistance sur une juste autonomie est faite à un moment où le marxisme était particulièrement florissant. Les chrétiens avaient besoin de trouver un souffle nouveau pour s’engager résolument dans l’action en vue de changer le monde, sans pourtant y arrêter leur regard. « L’Eglise enseigne, en outre, dit le numéro 21, que l’espérance eschatologique ne diminue pas l’importance des tâches terrestres, mais en soutient bien plutôt l’accomplissement par de nouveaux motifs. A l’opposé, lorsque manquent le support divin et l’espérance de la vie éternelle, la dignité de l’homme subit une très grave blessure, comme on le voit souvent aujourd’hui, et l’énigme de la vie et de la mort, de la faute et de la souffrance reste sans solution : ainsi, trop souvent, les hommes s’abîment dans le désespoir. »

    Philippe BORDEYNE résume en une phrase très heureuse l’intention de la constitution : « Plutôt qu’un optimisme sécularisé, comme on l’a dit, Gaudium et Spes est porté par l’“optimisme final” de la foi en l’histoire du salut. »[23] 

    3. Les références.

    a. Quelques références aux Pères de l’Eglise.

    On trouve peu de références aux Pères de l’Eglise dans  Gaudium et Spes. Peut-être par manque de temps… On cite explicitement Les Confessions de Saint Augustin (GS 21). On peut trouver quelques références implicites à Tertullien[24], Saint Irénée[25], Saint Ambroise[26], Saint Justin[27], Saint Basile[28] ou encore Lactance[29].

    b.  Jean XXIII : Mater et Magistra, 1961, et Pacem in terris, 1963.  Paul VI,  Ecclesiam suam, 1964.

    Par contre le texte se réfère très souvent à trois encycliques : Mater et Magistra[30] et  Pacem in terris[31] de Jean XXIII et Ecclesiam suam[32] de Paul VI. 

    c. Quelques autres références.

    On peut mentionner aussi des références à quelques encycliques connues : Pie XI, Divini Redemptoris (1937) (GS 21), Quadragesimo anno (1931) (GS 25, 39, 67,68), Casti connubii (1930) (GS 48) et Léon XIII, Libertas praestantissimum (1888) (GS 65), Rerum Novarum (1891) (GS 67)

     

    III. La réception de la constitution pastorale Gaudium et Spes.

    Après cette présentation rapide du contenu de Gaudium et Spes, peut-être est-il bienvenu de donner quelques éléments sur sa réception. 

    1. Trois principes de base pour bien « recevoir la constitution aujourd’hui ».

    Tout d’abord, il me semble opportun de rappeler trois principes de base pour bien « recevoir la constitution aujourd’hui ». 

    a. La réception dans la foi est nécessaire à tout travail d’interprétation.

    Premièrement, la réception est un acte de foi : c’est l’accueil effectif, par un lecteur ou une communauté de lecteurs, des différents textes du Concile. Il ne s’agit donc pas de savoir si l’on reçoit ou non Gaudium et Spes ou le Concile. A partir du moment où nous sommes catholiques, forcément, nous « recevons » le Concile… L’interprétation, qui suit naturellement et presque obligatoirement l’acte de réception, est un acte de l’intelligence, qui cherche à comprendre ce que nous dit le texte aujourd’hui. A partir du moment où l’on parle d’interprétation, c’est forcément à l’intérieur d’un acte positif de réception.

    b. Le travail d’interprétation est toujours à reprendre.

    Ensuite, conformément à la conception dynamique de la tradition, posée par Dei Verbum, je crois qu’on peut dire que le travail d’interprétation est toujours à reprendre. Ce qui va se vivre ici, aujourd’hui et demain, ne se vit pas parce que cela n’a pas été fait. Il est plus juste de dire que l’existence même de ce colloque atteste qu’aujourd’hui, comme demain d’ailleurs, nous n’en avons pas fini avec le Concile : il continue de stimuler notre foi et notre intelligence de croyants.

    c. « Ce qui est important, c’est la reliure. »

    Troisième principe. Comme pour la Bible, il est bon de ne pas tronçonner le texte de Gaudium et Spes, de le lire dans son ensemble et aussi dans les liens qu’il entretient avec les autres textes conciliaires. Il s’agit de ne pas s’arc-bouter sur une formule, en projetant sur le texte ce que nous souhaitons y trouver… Il convient aussi de savoir replacer le texte dans son contexte d’élaboration. Il est clair, nous l’avons vu, que la question de la justice et des fins dernières est abordée dans le contexte de la guerre froide et du monde des années 60 divisé en deux blocs. 

    2. Nécessaire herméneutique de la continuité, dans un monde qui a beaucoup changé. 

    a. Dépasser les oppositions en considérant la signification historique de Vatican II.

    La réception de Gaudium et Spes a posé et continue de poser question. La constitution, nous l’avons entrevu, a pu cristalliser des oppositions entre les inconditionnels de l’aggiornamento, et les gardiens, non moins inconditionnels, de la différence chrétienne. [1] Gilles ROUTHIER, faisant référence au travail de Joseph RAZTINGER, souligne que « le passage d’une problématique de la réception à celle de l’herméneutique » a marqué une étape. Il est intervenu « à partir du moment où l’on commença à s’interroger sur la signification historique de Vatican II. On fit valoir que contrairement à ce que certains avaient prétendu, Vatican II ne constituait pas un moment de rupture : son enseignement s’inscrivait dans la droite ligne de la tradition. On doit largement au Cardinal RATZINGER le recentrage du débat sur l’enjeu de la tradition. »[33]

    b. Nouveaux espoirs, nouvelles angoisses…

    Philippe BORDEYNE, quant à lui, remarque que « la configuration actuelle du religieux déplace sensiblement la question du rapport au monde. L’attention à la soif de Dieu cachée dans l’humanité est à maintenir, mais les espoirs et les angoisses de ce temps ne sont plus ceux d’il y a quarante ans. Quand l’espérance marxiste séduisait encore, la justice émargeait à une eschatologie séculière. Devant la désaffection du politique, on se tourne davantage vers la justice offerte de l’extérieur par un religieux sentimentaliste. »[34] 

    3. La pastoralité comme geste théologique, une recherche délicate et pourtant essentielle.

    a. « Un enseignement de caractère surtout pastoral. »

    Dans le discours d’ouverture du Concile, Gaudet Mater Ecclesia, Jean XXIII, disait : « Il faut que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être respectée fidèlement, soit approfondie et présentée de la façon qui répond aux exigences de notre époque. En effet, autre est le dépôt lui-même de la foi, c’est-à-dire les vérités contenues dans notre vénérable doctrine, et autre est la forme sous laquelle ces vérités sont énoncées, en leur conservant toutefois le même sens et la même portée. […] On devra recourir à une façon de présenter qui correspond mieux à un enseignement de caractère surtout pastoral. »[35] 

    Dans le premier volume de son ouvrage monumental sur la Réception du Concile Vatican II, Christoph THEOBALD mène une réflexion serrée sur ce principe de pastoralité et il conclut que ce principe se situe au croisement d’un axe vertical ou théologal — la Révélation et sa réception par la foi — et  d’un axe horizontal ou social — la communication entre l’Eglise  et toute les composantes de la société.[36

    b. « Que le lien entre la doctrine et la situation pastorale apparaisse plus nettement. »

    Déjà, en 1966, Henri de LAVALETTE, disait : « Si le Concile s’est voulu “surtout pastoral”, cela ne veut point dire avant tout qu’il a décidé des réformes particulières, mais bien plutôt qu’il nous a demandé de convertir notre attention, notre pensée et notre action de telle sorte que le lien entre la doctrine et la situation pastorale apparaisse plus nettement. »[37] « Nous ne devons pas détacher les enseignements du Concile du patrimoine doctrinal de l’Eglise, mais bien voir comment ils s’insèrent en lui, font corps avec lui, constituent pour lui un témoignage, un accroissement, une explicitation, une application. »[38]

    Et après une bonne marche de réflexion, il disait : « La considération pastorale s’intéresse à la vérité en situation, à l’aspect “prudentiel”, pour employer le vocabulaire classique. En fait, chaque Concile a voulu apporter les remèdes appropriés aux malheurs du temps. Pourquoi dès lors le Concile Vatican II s’est-il voulu plus explicitement “pastoral” que ses prédécesseurs ? Et même quel sens peut avoir cette expression ? La réponse est ici délicate, parce que très complexe. »[39]

    Pour ma part, je n’irai pas aujourd’hui beaucoup plus loin — c’est un peu l’objet du colloque — mais je voudrais, en conclusion, rappeler une chose essentielle pour nous. La réception de Gaudium et Spes est peut-être plus avancée, plus incarnée, plus réelle que nous ne le croyons.

    Conclusion : Vivre en laïc, témoignage d’une Sarthoise d’origine.

    Dans le cadre de la Formation des diacres en vue du ministère de prêtre, le séminaire Saint-Jean propose tous les ans une session sur les laïcs… Et nous avons reçu cette année une femme d’une cinquantaine d’années. Elle vit actuellement en Loire Atlantique, mais elle a passé une bonne partie de sa jeunesse dans le grand et beau diocèse du Mans.

    A l’âge de 24 ans, elle est notamment devenue responsable d’une Aumônerie d’Enseignement Public à La Flèche pendant 3 ans. C’était à la fin des années 80. Et de son entretien d’embauche avec Mgr GILSON, elle a retenu une phrase qui a beaucoup compté dans sa vie : « Je vous fais confiance. » Elle est aujourd’hui mariée depuis plus de vingt ans ; elle a trois grands enfants et c’est un certain Christophe LE SOURT,  qui a préparé son mariage, quand il était diacre… Son témoignage a permis aux futurs prêtres de comprendre qu’elle n’était pas « restée » laïque, mais que son chemin de vie humaine et chrétienne l’avait conduite à « devenir » un peu plus ce qu’elle était, une Chritifidelis laica, une fidèle laïque du Christ, un membre du laos, comme dit le grec, c’est-à-dire dire du peuple que Dieu s’est acquis et qu’il ne cesse de faire croître. Voici ce qu’elle disait… Témoignage, je crois d’une belle réception personnelle, consciente ou non — qu’importe —, de la constitution Gaudium et Spes :

     

    VIVRE EN LAÏC

    Pour moi, aujourd’hui, c’est en premier lieu vivre mon humanité, telle qu’elle est,

    avec mon corps, mes talents, mes capacités, mes limites, et les surprises de la vie ...

    C’est Aimer la vie comme le plus beau cadeau qui m’ait été fait

    et dont je suis responsable et gérante.

    VIVRE EN LAÏC

    C’est vivre dans le monde où je suis plantée,

    avec son régime politique, ses institutions, ses associations, ses propositions,

    y être acteur au quotidien, ne pas me mettre de côté, ne pas le rejeter

    mais participer à le construire dans le respect des personnes,

    ne pas passer mon temps à le critiquer négativement, mais regarder les choses en face,

    réfléchir et faire des choix sans m’enfermer ou exclure.

    C’est vivre avec d’autres générations, des personnes d’autres nationalités, d’autres langues...

    VIVRE EN LAÏC

    C’est vivre en Eglise à la juste place donnée par mon baptême

    qui se révèle au fil des rencontres et des appels que le Seigneur me fait.

    C’est être toujours en chemin, être en questionnement,

    pour avancer vers le Père et me convertir pour m’ajuster à lui.

    C’est entretenir ce que j’ai reçu de Dieu et de mes aînés dans la foi

    (par des lectures, la prière silencieuse ou en communauté, ...)

    et en être témoin le plus possible.

    C’est ne jamais désespérer et faire équipe avec les autres acteurs de l’Eglise

    et en particulier les prêtres.

    VIVRE EN LAÏC

    c’est assurer le Ministère de la Présence de l’Eglise au monde.

    Etre là, au bord de la route des gens,

    au nom de Jésus-Christ en toute humilité.


    [1] cf. Philippe BORDEYNE, « Vatican II, un Concile dans l’histoire »,  in Vatican II, histoire et actualité d'un Concile, Etudes, Hors-Série, 2010, p. 243

    [2] Philippe BORDEYNE, « Vatican II, un Concile dans l’histoire »,  in Vatican II, histoire et actualité d'un Concile, Etudes, Hors-Série, 2010, p. 241-250.

    [3] Cf. Henri de LUBAC, Le Drame de l'humanisme athée, Spes, 1944. Réédition : Cerf, 1998. C'est l'une de ses œuvres principales, écrite en 1942 et 1943…

    [4] « “La valeur religieuse d’un Concile qui s’est occupé principalement de l’homme”. Discours prononcé par S.S. Paul VI le 7 décembre », La Documentation catholique, n°1462, 2 janvier 1966, col.59-66. (Le titre a été donné par La Documentation catholique)

    [5] Philippe BORDEYNE, « Vatican II, un Concile dans l’histoire »,  in Vatican II, histoire et actualité d'un Concile, Etudes, Hors-Série, 2010, p.247

    [6] constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps « Gaudium et Spes », Introduction générale par Mgr Jean VILNET, in Concile oecuménique Vatican II : - L’Eglise dans le monde - L’apostolat des laïcs - La liberté religieuse - Les moyens de communication sociale, Paris, Centurion, coll. « Documents conciliaires » n°3, 1966, p.29 et 30.

    [7] Philippe BORDEYNE, « Vatican II, un Concile dans l’histoire »,  in Vatican II, histoire et actualité d'un Concile, Etudes, Hors-Série, 2010, p.246

    [8] Jean XXIII, Aux Vénérables Frères, Patriarches, Primats, Archevêques, Evêques et autres ordinaires, en paix et communion avec le Siège Apostolique, à tout le Clergé et aux fidèles du monde entier, 15 mai  1961.

    [9] Jean XXIII, A nos vénérables frères, patriarches, primats, archevêques, 
évêques et autres ordinaires, en paix et communion avec le Siège Apostolique, 
au clergé et aux fidèles de l'univers ainsi qu'à tous les hommes de bonne volonté, 11 avril 1963

    [10] Paul, VI, A nos vénérables frères
 patriarches, primats, archevêques, 
évêques et autres ordinaires,
 en paix et communion avec le siège apostolique,
 au clergé et aux fidèles de l'univers, 
ainsi qu'à tous les hommes de bonne volonté, 6 août 1964.

    [11] Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps « Gaudium et Spes », Introduction générale par Mgr Jean VILNET, in Concile oecuménique Vatican II : - L’Eglise dans le monde - L’apostolat des laïcs - La liberté religieuse - Les moyens de communication sociale, Paris, Centurion, coll. « Documents conciliaires » n°3, 1966, pp.18-19

    [12] « L’ouverture solennelle du XXIème Concile œcuménique, Discours de S.S. Jean XXIII à l’issue de la cérémonie du 11 octobre », La Documentation catholique, n°1387, 4 novembre 1962, col. 1380.

    [13] « “La valeur religieuse d’un Concile qui s’est occupé principalement de l’homme.” Discours prononcé par S.S. Paul VI le 7 décembre », La Documentation catholique, n°1462, 2 janvier 1966, col.59-66. (Le titre a été donné par La Documentation catholique)

    [14] Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps « Gaudium et Spes », Introduction générale par Mgr Jean VILNET, in Concile oecuménique Vatican II : - L’Eglise dans le monde - L’apostolat des laïcs - La liberté religieuse - Les moyens de communication sociale, Paris, Centurion, coll. « Documents conciliaires » n°3, 1966, p.55

    [15] Divini redemptoris, lettre encyclique de sa sainteté le pape Pie XI, le communisme athée, 19 mars 1937.

    [16] Jean DANIELOU, « Le sujet du schéma XIII », in Vatican II, histoire et actualité d'un Concile, Etudes, Hors-Série, 2010, p. 146. (article publié dans Etudes en janvier 1965)

    [17] Christoph THEOBALD, « La différence chrétienne », in Vatican II, histoire et actualité d'un Concile, Etudes, Hors-Série, 2010, p. 276.

    [18] Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps « Gaudium et Spes », Introduction générale par Mgr Jean VILNET, in Concile oecuménique Vatican II : - L’Eglise dans le monde - L’apostolat des laïcs - La liberté religieuse - Les moyens de communication sociale, Paris, Centurion, coll. « Documents conciliaires » n°3, 1966, p.74.

    [19] « La valeur religieuse d’un Concile qui s’est occupé principalement de l’homme. Discours prononcé par S.S. Paul VI le 7 décembre », La Documentation catholique, n°1462, 2 janvier 1966, col.59-66. (Le titre a été donné par La Documentation catholique)

    [20] cf. Mt 25, 40

    [21] Jn, 14, 9

    [22] « La valeur religieuse d’un Concile qui s’est occupé principalement de l’homme. Discours prononcé par S.S. Paul VI le 7 décembre », La Documentation catholique, n°1462, 2 janvier 1966, col.59-66. (Le titre a été donné par La Documentation catholique)

    [23] Philippe BORDEYNE, « Vatican II, un Concile dans l’histoire »,  in Vatican II, histoire et actualité d'un Concile, Etudes, Hors-Série, 2010, p.246

    [24] Sur la Résurrection de la Chair (GS 22),

    [25] Contre les Hérésies (GS 39 et 57)

    [26] Traité De la Virginité (GS 43)

    [27] Dialogue avec Tryphon (GS 44)

    [28] GS 69

    [29] GS 69

    [30] Jean XXIII, Aux Vénérables Frères, Patriarches, Primats, Archevêques, Evêques et autres ordinaires, en paix et communion avec le Siège Apostolique, à tout le Clergé et aux fidèles du monde entier, 15 mai  1961.

    [31] Jean XXIII, A nos vénérables frères, patriarches, primats, archevêques, 
évêques et autres ordinaires, en paix et communion avec le Siège Apostolique, 
au clergé et aux fidèles de l'univers ainsi qu'à tous les hommes de bonne volonté, 11 avril 1963

    [32] Paul, VI, A nos vénérables frères
 patriarches, primats, archevêques, 
évêques et autres ordinaires,
 en paix et communion avec le siège apostolique,
 au clergé et aux fidèles de l'univers, 
ainsi qu'à tous les hommes de bonne volonté, 6 août 1964.

    [33] Gilles ROUTHIER, « Un Concile à interpréter - les enjeux d’un style nouveau », in Vatican II, histoire et actualité d'un Concile, Etudes, Hors-Série, 2010, p. 253. (article publié dans Etudes en mai 2007)

    [34] Philippe BORDEYNE, « Vatican II, un Concile dans l’histoire »,  in Vatican II, histoire et actualité d'un Concile, Etudes, Hors-Série, 2010, p.249

    [35] « L’ouverture solennelle du l’ouverture du XXIème Concile œcuménique, Discours de S.S. Jean XXIII à l’issue de la cérémonie du 11 octobre », La Documentation catholique, n°1387, 4 novembre 1962, col. 1383.

    [36] cf. Christoph THEOBALD, La réception du Concile II. 1. Accéder à la source, Paris, Cerf, 2009, p.891.

    [37] Henri De LAVALETTE, « Réflexion sur la portée doctrinale et pastorale de Vatican II », in Vatican II, histoire et actualité d'un Concile, Etudes, Hors-Série, 2010, p. 201-212 (article publié dans Etudes en janvier 1966), p.202.

    [38] Henri De LAVALETTE, « Réflexion sur la portée doctrinale et pastorale de Vatican II », in Vatican II, histoire et actualité d'un Concile, Etudes, Hors-Série, 2010, p. 201-212 (article publié dans Etudes en janvier 1966), p.203, qui cite Paul VI, allocution de l’audience générale du 12 janvier 1966, DC 14632, 1966, c.419

    [39] Henri De LAVALETTE, « Réflexion sur la portée doctrinale et pastorale de Vatican II », in Vatican II, histoire et actualité d'un Concile, Etudes, Hors-Série, 2010, p. 201-212 (article publié dans Etudes en janvier 1966), p.207-208.



    Luc MEYER