• Saints Archanges

     Autres figures de sainteté 

    NANTES, Séminaire Saint-Jean, Mercredi 29 septembre 2010 

    Ap 12, 7-12a ; Ps 137(138) ; Jn 1, 47-51.

    Homélie pour la fête

    des Saints archanges

    Michel, Gabriel et Raphaël.

    Nous fêtons aujourd’hui les saints Archanges Michel, Gabriel et Raphaël. Saint Michel dont le nom signifie : « Qui est comme Dieu ? » et qui apparaît notamment dans les livres de Zacharie et de Daniel, dans l’épître de Jude[1] et dans l’Apocalypse…   Saint Raphaël dont le nom signifie : « Dieu guérit. » et qui apparaît dans le livre de Tobie C’est lui conduit le jeune Tobie dans sa mission et guérit son père aveugle… Saint Gabriel dont le nom signifie : « Dieu s'est montré fort. » et qui apparaît dans le Livre de Daniel et dans l’Evangile selon saint Luc. 

    Fêter ainsi trois archanges, ce n'est pas fuir loin du coeur de la foi, qui est la mort et la résurrection de Jésus. La croyance dans les anges, dans ces être spirituels invisibles, n'est pas de l'ordre de la mythologie. Car la puissance créatrice de Dieu ne se limite pas à ce qui est perceptible par nos sens. Dieu est créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Il a créé aussi les anges, qui sont des créatures purement spirituelles. Croire aux anges, c'est croire que Dieu peut nous rejoindre, n'importe où,  par des moyens que lui seul connaît et qui sont toujours une œuvre de sa charité, de son attention et de sa bonté pour nous.

    « Comment me connais-tu ?  », demande Nathanaël… Réponse de Jésus : « Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu. » Le récit de l’Apocalypse que nous avons entendu nous met aussi en présence du combat de Saint Michel contre Satan. Mais il l’inscrit dans le mystère de l’Eglise, en montrant le lien profond qui existe entre la victoire de l’Ange de Lumière sur l’ange des ténèbres et le salut acquis en Jésus-Christ.

    « Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ… » C’est cela qui est central… Car il s’agit bien que la victoire soit acquise dans le temps et pour l’éternité, par le Sang de l’Agneau et par le témoignage de la Parole. Ne nous laissons donc pas égarer par l’ordre du récit de l’Apocalypse : Oui, il y a bien un combat dans le ciel, mais la victoire de l’Archange Saint Michel sur Satan, le bouleversement du Ciel qui s’ensuit, tout cela, c’est déjà la victoire du Christ et cette victoire du Christ, c’est la victoire de la Croix.

    Tous les jeudis soir aux vêpres nous chantons une partie de ce texte de l’Apocalypse. Et chaque fois que nous proclamons nous aussi cette victoire de l’Agneau, nous sommes remis devant le mystère de son accomplissement, dans la faiblesse de notre humanité. Car la pointe, la voici : «  Dépassant l’amour d’eux-mêmes, ils sont allés jusqu’à la mort. » Et nous retrouvons ici, au cœur de notre semaine, le geste d’abandon et de pauvreté qui est celui du Christ et déjà celui de Job. Pour que la victoire soit complète, il faut que le sang qui coule dans les veines des fidèles du Christ ait été assumé par le sang de l’Agneau qui a coulé une fois pour toutes et par qui le salut est acquis pour toujours…

    La fêtes des saints Archanges Michel, Gabriel et Raphaël ne nous fait quitter notre condition humaine, elle nous rappelle au contraire devant la proximité d’un Dieu invisible qui se fait si proche de nous qu’il devient l’un de nous pour que nous soyons transformés en lui. De tout mon coeur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche. Je te chante en présence des anges, vers ton temple sacré, je me prosterne. Amen.


    [1] Jude 9 : « L'archange Michel, lorsqu'il plaidait contre le diable et discutait au sujet du corps de Moïse, n'osa pas porter contre lui un jugement outrageant, mais dit : “Que le Seigneur te réprime !” »