• Saints Cyrille et Méthode

     Autres figures de sainteté 

    2 Co, 4,1-2.5-7 ; Ps 95(96) ; Lc 10,1-9.

    Homélie pour la fête

    des Saints Cyrille et Méthode

    Depuis une quarantaine d’années, l’Europe a reçu six nouveaux patrons, saints et saintes… Vous les connaissez peut-être… En 1964, Saint Benoît a été constitué et déclaré patron de l’Europe par le pape Paul VI, dans un bref, intitulé « Pacis nuntius ». En 1980, saint Cyrille et saint Méthode, que nous fêtons aujourd’hui, ont été constitués et déclarés co-patrons de l'Europe, par le pape Jean-Paul II, dans la Lettre apostolique Egregiae virtutis. Enfin, en 1999, sainte Brigitte de Suède, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein) ont été constituées et déclarées co-patronnes de toute l'Europe par le pape Jean-Paul II, dans une lettre apostolique en forme de motu proprio

    Pour l’Europe Orientale, le patronage de Cyrille et de Méthode nous renvoie au IX° siècle… Méthode est né en 815 ou 820, et son frère Constantin, qui prit le nom de Cyrille quand il devint moine, est né en 827 ou 828. Le berceau familial se trouvait à Thessalonique, en Grèce. Leur père était un haut fonctionnaire de l'administration impériale. Devant eux s’ouvrait donc une carrière, des honneurs, la réussite sociale.

    Après avoir été gouverneur d'une province voisine des slaves, Méthode se retira assez vite dans un monastère au pied du Mont Olympe en Bithynie. Il avait… 25 ans. Quant à Cyrille, il refusa une prestigieuse carrière politique pour recevoir les ordres. Secrétaire du patriarche de Constantinople, il était aussi bibliothécaire des archives conservées auprès de la grande église Sainte-Sophie. Il enseignait la philosophie.

    L'événement marquant de leur vie fut provoqué par une requête adressée par le Prince Rastislav de Grande-Moravie à l'Empereur Michel III : La lettre de demande disait ceci : « Notre pays est baptisé et nous n'avons pas de maître pour nous prêcher, nous instruire et nous expliquer les livres saints. Nous ne comprenons ni la langue grecque, ni la langue latine […] Nous autres Slaves, nous sommes un peuple simple et nous n'avons personne pour nous enseigner la vérité. Désigne-nous donc, généreux monarque, un homme capable de nous parler ».

    Cyrille et Méthode consacrèrent alors tout le reste de leur vie à l’évangélisation des slaves. Voyages, privations, souffrances, hostilités et même persécutions, rien n’arrêta leur charité et leur désir pacifique de faire connaître le Christ. Cyrille va créer un alphabet adapté au peuple qu’ils évangélisent… Les églises qui utilisent le slavon vont alors se remplir et les autres se vider. Ce n'était pas encore l'actuel alphabet cyrillique qu'un autre religieux bulgare, Kliment, adaptera plus tard en se mettant sous le patronyme de Cyrille. Cyrille traduit donc les textes bibliques et liturgiques, et après trois années, les livres liturgiques sont approuvés à Rome. Cyrille mourra bientôt après, en 869, juste après y avoir pris l’habit monastique.

    Moins brillant que Cyrille, mais d'une persévérance à toute épreuve, son frère Méthode va continuer l’oeuvre entreprise. Consacré archevêque, il retourne comme légat auprès des peuples slaves.

    Dénoncé comme hérétique par ses adversaires germaniques, il est mis en prison pendant deux ans, avant d’être libéré grâce au soutien du pape. Méthode consacre alors ses dernières années aux traductions des Écritures, à la liturgie slavonne et aux lois. Et Il meurt en 885.

    Dans sa lette encyclique Slavorum Apostoli de 1985, Jean-Paul II souligne comme caractéristique essentielle de l'action menée par Cyrille et Méthode, leur manière pacifique d'édifier l'Eglise. Nul sentiment de supériorité culturelle ou linguistique, mais seulement un grand désir d’unité. Dans la maison des peuples où ils entraient, ils ont respecté le commandement de Jésus. Ils ont dit : “Paix à cette maison”.

    Jean-Paul II dit ceci : « Par "mouvement œcuménique", on entend les entreprises et les initiatives provoquées et organisées en faveur de l'unité des chrétiens, selon les nécessités variées de l'Eglise et selon les circonstances ». Il ne paraît donc nullement anachronique de voir dans les saints Cyrille et Méthode les précurseurs authentiques de l'œcuménisme, car ils ont voulu efficacement éliminer ou diminuer toutes les divisions véritables ou seulement apparentes entre les diverses communautés appartenant à la même Eglise. Dans les Pays-de-la-Loire ou dans les îles de l’Océan Indiens, cultivons, nous aussi cette ardeur, et puisons-la dans notre attachement indéfectible au Nom de Jésus-Christ. » Amen.