• STEIN Edith

     Autres figures de sainteté 

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix

    Depuis une quarantaine d’années, l’Europe a reçu six saints et saintes patronnes. Vous les connaissez peut-être… En 1964, Saint Benoît  a été constitué et déclaré patron de l’Europe. par le pape Paul VI, dans un bref, intitulé Pacis nuntiusEn 1980, saint Cyrille et saint Méthode ont été constitués et déclarés co-patrons de l’Europe, par le pape Jean-Paul II, dans la Lettre apostolique Egregiae virtutis. Enfin, en 1999, sainte Brigitte de Suède, sainte Catherine de Sienne et sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein) ont été constituées et déclarées co-patronnes de toute l’Europe par le pape Jean-Paul II, dans une lettre apostolique en forme de motu proprio.

    Thérèse-Bénédicte de la Croix a été béatifiée dans la Cathédrale de Cologne, le 1er mai 1987… Et  Jean-Paul II disait que c’est « une fille d’Israël, qui pendant les persécutions des nazis est demeurée unie avec foi et amour au Seigneur Crucifié, Jésus Christ, telle une catholique, et à son peuple telle une juive ». Tout le secret de la vie d’Edith STEIN est là, dans cette double fidélité, qui était pour elle profondément une.

    Jeune étudiante brillante, elle suit les cours du philosophe HUSSERL. En 1917, elle passe avec lui sa thèse de doctorat. Elle se met à son école et devient son assistante. On peut dire qu'elle a vécu ses études avec passion, comme une recherche ardente de la vérité.

    Pendant l’été 1921, elle passe quelques semaines chez une autre disciple de HUSSERL, qui s’était convertie, en même temps que son mari, à la foi de l'Evangile. Édith trouve dans la bibliothèque l’autobiographie de Thérèse d’Avila. Elle passe toute la nuit à lire. Et quand elle referme le livre, elle se dit : « Ceci est la vérité ».

    Le 1er janvier 1922, Édith Stein reçoit le baptême. Elle a déjà 30 ans passés. Elle fait sa première communion le lendemain et reçoit la confirmation le 2 février de la même année. Immédiatement après sa conversion, Édith désire entrer au Carmel, mais le Vicaire général de Spire et le Père jésuite Erich PRZYWARA, qui la conseillaient spirituellement, la retiennent de faire le pas. Edith commence donc une carrière d’enseignante et de conférencière. 

    A partir de 1933, du fait qu’elle est juive, elle n’a plus le droit de s’exprimer publiquement. En fin d'année, elle entre au Carmel de Cologne. Elle prend l’habit le 15 avril 1934. Le 21 avril 1935, elle fait des voeux temporaires. Et le renouvellement des voeux, 14 septembre 1936, coïncide avec le décès de sa maman. Edith écrira : « Jusqu’au dernier moment, ma mère est restée fidèle à sa religion. Mais puisque sa foi et sa grande confiance en Dieu [...] furent l’ultime chose qui demeura vivante dans son agonie, j’ai confiance qu’elle a trouvé un juge très clément et que maintenant elle est ma plus fidèle assistante, en sorte que moi aussi je puisse arriver au but ». Nous pouvons mesurer à cette occasion combien Edith avait intégré spirituellement la parole de Jésus à la Samaritaine : « l’heure vient - et c’est maintenant - où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité… »(Jn 4,23)

    Sur l’image de sa profession perpétuelle du 21 avril 1938, elle fait imprimer ces paroles de saint Jean de la Croix : « Désormais ma seule tâche sera l’amour. »

    Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, le monde entier découvre avec stupeur la haine des nazis envers les juifs. C’est la nuit de cristal : les synagogues brûlent et la terreur se répand. C’est le mystère du serviteur souffrant d’Isaïe qui s’accomplit une fois encore. Saint Pierre dans son Epître en montre la résonance et la portée chrétienne dans la Croix de Jésus. Edith est à la fois solidaire de son peuple et profondément unie au Christ. Elle ressent tout ce que porte ce peuple qu’elle aime et dont elle fait partie.

    La Prieure du Carmel de Cologne met tout en oeuvre pour conduire soeur Thérèse-Bénédicte de la Croix à l’étranger. Dans la nuit du 1er janvier 1939, elle traverse la frontière des Pays-Bas et rejoint le monastère des Carmélites de Echt, en Hollande. Sa sœur de sang, Rose, la rejoint et devient portière du Carmel… 

    Elles seront arrêtées le 2 août 1942, déportées le 7 à Auschwitz et mourront le 9 dans les chambres à gaz… En 1938, elle écrivait : « Sous la Croix, je compris le destin du peuple de Dieu qui alors (en 1933) commençait à s’annoncer. Je pensais qu’il comprenait qu’il s’agissait de la Croix du Christ, qu’il devait l’accepter au nom de tous les autres peuples. Il est certain qu’aujourd’hui je comprends davantage ces choses, ce que signifie être épouse du Seigneur sous le signe de la Croix. Cependant il ne sera jamais possible de comprendre tout cela, parce que c’est un mystère. »

    Le prière sur les offrandes de la messe célébrée pour sa fête nous invite à nous associer au sacrifie auquel elle a consenti : « Seigneur notre Dieu, sainte Thérèse-Bénédicte a compris le destin de ton peuple comme une participation à la Croix de ton Fils et l’a accueillie ainsi au nom de tous. Par son intercession, rends-nous dignes d’avoir part au sacrifice de la Nouvelle Alliance, que ton Fils a scellé dans son sang pour le salut du monde. »

    LAVAL, Carmel, Jeudi 9 août 2012.