• Telle est réalité

     EDITOS 

     Telle est réalité ?     

      Aujourd'hui, on veut « coller à la réalité » : vivre les événements « en temps réel », se distraire en regardant des émissions de « télé-réalité ».

       Quel est ce temps réel dont on parle ?… Un attentat a eu lieu à 8 000 km d'ici ? Je le sais 5 minutes après. On vient de dévaliser une banque ou de violer une jeune femme ? France-Info vous le rappelle en boucle pendant une demi-journée. On a l'impression de suivre l'enquête. Mais l'information est-elle si urgente, et pour tout le monde ?

       L'info en temps réel, c'est la photo instantanée d'un événement parfois loin de nous. Avec du recul, on comprendrait mieux ce qui s'est passé. Aussi brute, l'info nous fatigue ou nous fait peur ; elle nous obsède et peut même nous empêcher de vivre. Ou alors, on la banalise, et ce n'est pas mieux. C'est comme un film, mais ce n'est pas un film. D'autres situations, moins accrocheuses, mériteraient qu'on en parle. 

       La télé-réalité, quant à elle, nous donne l'illusion d'entrer dans la réalité : elle cultive les émotions fortes, dans un espace confiné et un temps artificiel, qui n'ont rien à voir avec la réalité… Olivier va-t-il succomber au charme d'Alexandra ? Les paris sont ouverts !… Nolwenn passera-t-elle l'épreuve ?… Qui sera le maillon faible ?

       On oublierait presque que tout ça, finalement, c'est de la télé et qu'on n'arrive pas là sans subir un casting redoutable. Il faut répondre à certains critères pour faire son trou. Ne passe pas à la télé qui veut.

       Pour augmenter l'audimat, la télé-réalité peut devenir télé-vulgarité, elle n'en est pas plus réelle :  un amoncellement  de grossièretés  et d'analyses  psychologiques à 2€50 n'ont jamais fait un gramme de réalité. Tu éteins le poste, et le mirage a disparu. Mais il continue d'habiter ton imaginaire… Accroc de télé-vulgarité, tu finirais par devenir vulgaire.

       Il y a de bonnes émissions à la télé : alors, fais le bon choix ! 







    Luc MEYER