• Vivre en Eglise (END)

     Laïcs et ministres ordonnés 

    Vivre en Eglise,

    selon la grâce propre des Equipes Notre-dame : 

    Quelques fondamentaux.

     

    Le Père CAFFAREL est un grand prophète, nous le vérifions tous les jours : entrer et demeurer dans une équipe Notre-Dame, c’est à la fois un appel, une grâce et un choix. Oui, dans notre équipe se joue quelque chose du mystère de l’Eglise.

    UN APPEL

    Le cœur à cœur : jamais sans le coude à coude !…

    Jésus entre dans nos vies par la porte de la simplicité.

    Nous voulons grandir tous les deux dans la grâce du sacrement de mariage… Nous voulons que notre amour conjugal soit vraiment un foyer, où brûle un amour vrai, qui puisse réchauffer ceux qui nous entourent. Un foyer qui nous consume jusqu’à la fin de notre vie…

    Pour ne pas finir en cendres, nous cherchons la recette du buisson ardent contemplé par Moïse !…

    Ce cœur à cœur de l’Alliance conjugale, nous voulons l’approfondir dans un coude à coude avec d’autres foyers chrétiens… Ce détour paraît peut-être superflu à quelques-uns de nos amis, à nous aussi peut-être, quand nous sommes fatigués et qu’il faut partir dès 19h30 ou 20h00, en plein hiver !… Il y a toujours un petit combat avant de partir.

    S’écouter, s’apprivoiser, prier ensemble, partager un peu de notre intimité, c’est un appel et un pari : appel à la simplicité, pari de la confiance. D’autres foyers avant nous en ont fait l’expérience ; nous-mêmes la faisons depuis un an, cinq ans ou vingt ans : la simplicité et la confiance ouvrent la porte au Seigneur.

     

    UNE GRACE

    L’Equipage Notre-Dame : dans la barque de l’Eglise.

    L’équipe est plus que la somme de ses membres.

    Nous disons souvent que nous « faisons » équipe. C’est vrai : l’équipe existe bien parce que nous choisissons de vivre ainsi. Pourtant, la vie d’équipe ne se « fait » pas : elle se construit et l’Architecte, si discret soit-il, a de bons plans pour nous…

    Nous ne nous sommes pas choisis : nous recevons les uns les autres comme un cadeau du Seigneur. Ce n’est pas toujours facile… Quand l’équipe accueille un nouveau foyer, c’est une nouvelle aventure qui commence : quelle exigence, mais quelle chance !

    Car notre équipe n’est pas un club qui aurait sa fin en lui-même… Comme notre foyer, elle reçoit sa vie de plus loin encore. Elle est bien plutôt un équipage, embarqué dans l’aventure de l’Eglise : sous le soleil ou dans les tempêtes, dans les embruns ou par gros temps, elle fend les vagues de la vie. Evénements heureux ou malheureux, consolations ou désolations avec les enfants, soucis ou réussites professionnelles : si notre équipe tient le cap, si notre foyer tient le cap, c’est parce que Jésus lui-même est dans la barque… La présence du prêtre en est l’humble signe… N’hésitons pas à le réveiller ! 

    Quelle assurance de nous savoir embarqués avec tant d’autres foyers dans cette aventure : nous vivons la communion conjugale comme une communauté conjugale avec son rayonnement et sa fécondité, à travers les enfants ou les relations amicales… Nous vivons notre famille comme une Eglise domestique[1]… Nous vivons notre équipe comme une petite Eglise[2]. Mais tout cela, c’est la grâce de la « grande » Eglise, le Corps du Christ… Car « l'oeil ne peut pas dire à la main : ‘Je n'ai pas besoin de toi’ ; la tête ne peut pas dire aux pieds : ‘Je n'ai pas besoin de vous’. Dieu a voulu qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres. Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l'honneur, tous partagent sa joie. »[3]

     

    UN CHOIX

    La mise en commun et le partage : charité, dialogue et vérité.

    La sainteté, fruit de la miséricorde, n’est pas optionnelle…

    Cet appel, cette grâce de vivre en équipe, c’est aussi un choix à renouveler chaque jour. Car la vie d’équipe ne se réduit pas aux réunions de l’équipe, ni même aux rendez-vous incontournables (si, si…) : la journée de secteur et autres rassemblements qui nous font sortir de notre petit nid douillet !…

    Vivre en communauté, comme l’étymologie l’indique, c’est porter ensemble la charge : cum + munus, pour les latinistes ! Ensemble, c’est-à-dire tous ensemble, dans la grâce d’un mouvement qui précède et dépasse notre vie d’équipe.

    Dans la vie d’une équipe, la mise en commun est un temps fort de l’entraide : la charité nous invite à trouver l’écoute et les mots pour un dialogue. Et dans le dialogue, nous cherchons à être vrais. Au fil des mois, quand la confiance et la simplicité grandissent, le tour de table de « l’événement du mois » vient nourrir la prière et la délicatesse de chacun. Comme c’est bon de porter ensemble les joies et les peines de notre vie !… C’est une entraide « spirituelle » mais  aussi « apostolique »[4] : il s’agit bien, là où nous sommes, de vivre selon l’Evangile et de faire la volonté de Dieu… Nous nous éclairons et nous soutenons les uns les autres. 

    Le partage sur les points concrets d’effort est, lui aussi, un temps fort… de l’humilité. Nous glisserions facilement dessus pour aborder le thème… Réunion après réunion, nous nous rendons compte — et c’est heureux ! — qu’on n’est pas dans la performance : on ne roule pas les mécaniques. Les PCE ne sont décidément pas les points concrets des forts… Mais ne sombrons pas non plus dans le misérabilisme, ou dans la symphonie pathétique : les PCE ne sont pas non plus les points concrets des faibles…

    Entre la performance et misérabilisme, il y a place pour l’effort, un petit mot qui n’a pas bonne presse aujourd’hui, mais un petit truc qui change tout dans la vie spirituelle : il ne s’agit pas de jouer les forts, il s’agit simplement, en accueillant notre faiblesse, d’être délibérément ambitieux. Saint Paul ne dit-il pas : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » ?[5] La miséricorde de Dieu n’a qu’un but, c’est de nous rendre brûlants du désir de la sainteté. Brûlants comme un foyer… rayonnants comme une équipe… lumineux comme l’Eglise du Christ. C’est lui, notre Lumière : Lumen Gentium.

    * * *

    Nous l’avons compris, notre équipe Notre-Dame n’est pas une petite boîte. En même temps, nous avons tous nos petits travers… En sourire, c’est déjà se convertir : voici une typologie des équipes, pour sourire :

     

    L’EQUIPE BOITE A COTON : Qu’est-ce qu’on y est bien,

                mais qu’est-ce qu’on a du mal à aller voir ailleurs si le Bon Dieu y est aussi !

     

    L’EQUIPE BOITE A CACTUS : Qu’est-ce qu’on s’aime bien,

                mais avec nos caractères, qu’est-ce qu’on a du mal à se le dire !

     

    L’EQUIPE BOITE A OUTILS : Qu’est-ce qu’on y trouve comme soutien et comme idées

                mais si en plus il faut rendre service au mouvement qui nous l’a prêtée, où va-t-on ?!

     

    L’EQUIPE BOITE AUX LETTRES : Qu’est-ce qu’on y échange comme informations,

                mais je n’avais pas compris qu’il fallait prier les uns pour les autres après !

     

    L’EQUIPE BOITE DE DERIVATION : Oh ça ! le courant passe bien entre nous,

                mais pas moyen pour d’autres de brancher une prise…

                Comment y puiseront-ils l’énergie spirituelle que nous y trouvons ?

     

    L’EQUIPE BOITE A GANTS : A chaque réunion on fait route ensemble

                            et on y range scrupuleusement tout ce que l’on a à dire…

                            On le retrouve la veille de la réunion suivante, en faisant notre DSA !…

     

     

    (Lettre des Equipes Notre-Dame, n°177, mars 2008)

      suite au week-end des Responsables d’équipe

    de la Province Nord-Ouest les 20 et 21 octobre 2007.


     

    1 « Dès les origines du christianisme […] la famille, d'une manière significative, était considérée comme « Eglise domestique » (Jean-Paul II, Lettre aux Familles, 1994). Voir aussi Concile Vatican II, Constitution Dogmatique sur l'Eglise Lumen Gentium §12 : « dans cette sorte d'Eglise qu'est le foyer » (in hac velut Ecclesia domestica).

    2 « Malgré sa profonde solidarité, [le prêtre] reste pour l'équipe un vis-à-vis. Il rend manifeste, dans cette "ecclesiola" qu'est l'équipe, le lien qui unit l'Eglise à la personne du Christ. » Equipe Responsable internationale, Le Prêtre Conseiller Spirituel, Mai 1993, p.6.

    3 Saint Paul, Première Lettre aux Corinthiens, chapitre 12.

    4 cf. Qu'est-ce qu'une Equipe Notre-Dame (1977), imprimerie END; 2000, 2001, III. UN CHEMIN, 3. Vie d'équipe.

    Deuxième Lettre aux Corinthiens, chapitre 12.

     

     

    Luc MEYER